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| Vers des cultures exceptionnelles et diverses |
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| Écrit par Jean-Louis Le Berre | |||||
| 25-11-2007 | |||||
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Quel est le bilan culturel de la France ? Si le progrès et les succès sont là pour marquer un demi-siècle de politique culturelle française, il n’en reste pas moins vrai que les acteurs sont en crise permanente, et que le public est déçu par les propositions artistiques.
Au-delà de la situation, qui sans être brillante n’est pas catastrophique, il s’agit de réinventer une culture non plus assise 1°) sur des concepts artistiques élitistes, ni 2°) sur une administration coûteuse, non renouvelée et toute puissante. Il nous faut poser les bases d’un nouveau modèle culturel : en prise avec la réalité économique, basée sur une concurrence libre et non faussée, et tout en conservant les avantages d’un réseau de diffusion et de promotion et assurant avant tout l’éducation et la formation d’un large public.
La France jacobine et institutionnelle peut s’enorgueillir d’avoir mis en place, grâce à des hommes passionnés par leur mission et aidés par une conjoncture favorable, un réseau d’institutions décentralisées qui croisent leurs efforts sur les axes essentiels que sont les lieux, les publics et les artistes.
Ce bien-être relatif a coûté et coûte encore trop. C’est le prix assumé d’un rayonnement universel et prétentieux de la France. Curieusement, la médiation culturelle regroupe ce que l’on appelle dans d’autres secteurs d’activité, le marketing, le commerce, le reverse-engineering et le lobbying financier. Bien entendu, nos cultureux (c’est ainsi que l’on peut désigner les différents participants de ces activités, qu’ils soient professionnels, amateurs ou spectateurs) purs et vierges de toute compromission avec le marché, ne supportent pas l’usage de tels vocables. Ils parleront ainsi de la relation avec les publics, de la communication institutionnelle, ils définiront le mécénat, plutôt que de parler des annonceurs. On ne vend pas des produits culturels ; on diffuse des œuvres ! Cette pudeur sémantique caractérise tout de même une vraie différence entre le secteur marchand et le domaine de la culture. Nous avons tous à un moment ou un autre de notre vie ce désir de vivre une telle expérience : écriture, musique, sculpture, peinture, danse, cinéma… Cette ambition de devenir artiste n’a hélas pas de réalité économique. Si nous avons un besoin individuel de culture et de pratique culturelle, il va sans dire que, collectivement, une société ne peut s’en passer ; mais a contrario de l’individu, la société se doit d’équilibrer ses comptes. Le politique l’a compris depuis toujours, il a aimé les artistes parfois pour l’art lui-même, quelquefois pour les artistes et bien entendu souvent pour les mettre au service de son propre pouvoir. Le politique glorifie, met en avant, prône l’artiste. Tant que celui-ci lui est utile, tant que sa création ne le conduit pas à critiquer ou dénoncer le pouvoir qui l’a mis en place. Aujourd’hui les artistes s’achètent à coup de subventions. Les artistes d’hier sont les mandarins de la culture d’aujourd’hui, remplissant les salles à l’aide des fonctionnaires de l’Éducation Nationale. Les jeunes et nouveaux artistes vivent de peu (souvent en parallèle de leur art) aux portes des institutions, qu’ils regardent avec mépris tant elles incarnent à leur yeux une absence de culture. Seuls les libéraux se tirent de l’aventure économique au prix d’un divertissement bourgeois-bohème, et de quelques drames sociaux. Le travailleur culturel, élevé à la bonne soupe des institutions et autres subventions, ne comprend pas pourquoi il devrait se plier au marché ! Quel horreur ! Il s’oublie et oublie son public. Il suffit de voir l’incompréhension de la plupart des Français suite à l’annulation d’Avignon 2003. La culture est un secteur de l’économie qui se grippe. L’excellent niveau de résultat connu jusqu’alors ne peut plus être maintenu. Que faire pour mettre en place un système culturel qui satisfasse l’ensemble des acteurs, et puisse aussi s’inscrire dans un environnement ‘mondialisé’ ? Respecter quelques principes : Il faut se méfier des doctrines, qui souhaiteraient que d’exception en diversité, on retombe lourdement sur une culture d’Etat aidée, subventionnée, dorlotée … et finalement méprisée et brocardée. Il s’agit en premier lieu d’affirmer et de respecter la liberté de création des professionnels et des amateurs. Il faut mettre en place une éducation artistique (au sein ou en dehors de l’Éducation Nationale) gratuite et obligatoire, qui englobe à la fois l’observation/l’écoute, la critique, l’histoire, la pratique et la production d’œuvres. Il est nécessaire aussi de persévérer dans les formations de haut niveau, qui nous donnent des personnels et cadres responsables et efficaces. Il faut respecter les (nouveaux) droits des auteurs, et redonner confiance à ceux qui produisent et qui créent. Il faut savoir mettre des objets dans les vitrines. C’est-à-dire proposer un système qui permette la concurrence. Le choix artistique doit être assumé démocratiquement, peut-être participativement, si j’ose le néologisme. Si l’artiste est au cœur de ce dispositif, sans pourtant en être le maître absolu, en bon libéral je pense que la société s’y retrouvera largement. A contrario, si la culture ne fait plus partie de notre identité, elle disparaîtra partiellement sur les points réputés sans intérêt.
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