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| Pour des Etats généraux de la condition pénitentiaire en Europe |
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| Écrit par Administrateur | |||||
| 15-02-2008 | |||||
Pour des Etats généraux de la
condition pénitentiaire en Europe
En mars 2006, des Etats généraux de
la condition pénitentiaire étaient initiés en France sous l’égide de Robert
Badinter. Les résultats de cet événement sont éloquents sur la nécessité non seulement
d’engager d’urgence une réflexion partout en Europe, mais aussi d’agir
rapidement. C’est aussi une manière de veiller au respect d’un principe
démocratique fondamental selon lequel la sanction d’emprisonnement ne consiste
qu’en une privation de liberté – et rien d’autre. C’est aussi l’application de
la Convention européenne des droits de l’homme qui est en cause. GM Bruxelles
participera activement en 2008 à l’organisation d’Etats généraux européens
consacrés à cette question.
La méthodologie utilisée en France en 2006 est
exemplaire. Une consultation des détenus en Europe ou dans un certain nombre
d’Etats membres de l’UE, organisée de manière à garantir la représentativité de
l’échantillon, est un préalable utile. Le benchmarking trouve ici toute sa
place : certains Etats membres aménagent leurs espaces pénitentiaires
d’une façon qui peut servir de modèle. Parallèlement, une consultation des
acteurs du monde judiciaire et pénitentiaire sera mise ne place.
Bien entendu, les principaux enseignements de l’étude
française de 2006 devront servir de socle à la réflexion européenne ; ils
constituent un acquis précieux. C’est ainsi qu’il faut retenir parmi les
principales sources de préoccupation des détenus, corroborées notamment par les
avocats qui fréquentent le monde carcéral :
1. les conditions
matérielles de vie dans lesquelles s’opère la détention (y compris
préventive) ; il ne s’agit pas d’une question de confort mais bien
d’éléments matériels élémentaires tendant à un minimum de dignité :
hygiène et propreté, intimité, maintien du lien familial notamment par
l’augmentation de la durée du temps passé au parloir ;
2. la prévention des
suicides ;
3. la préparation à la
sortie ;
4. la protection des
droits fondamentaux de la personne en prison ;
5. le maintien et le
développement des liens familiaux ;
6. le travail et
la formation professionnelle ;
7. l’intervention des personnes
extérieures ;
8. les quartiers
disciplinaires ;
9. les mesures de
sécurité (possibilité notamment d’assister à la fouille de la
cellule, suppression de la fouille corporelle intégrale) ;
10. les activités
socio-culturelles ;
11. l’accès aux soins
médicaux et psychiatriques.
Les solutions prioritairement souhaitées afin de
garantir une amélioration de la condition pénitentiaire impliquent la mise en
place ou le renforcement de contrôles extérieurs et d’un dispositif
solide d’information des détenus sur leurs droits.
Un consensus assez large se dégage par ailleurs, tant
parmi les détenus que parmi les personnels pénitentiaires, pour que ces
derniers voient leurs conditions de travail s’améliorer notamment par l’augmentation
des effectifs des travailleurs sociaux.
La question de la condition pénitentiaire ne peut pas
être totalement dissociée de celle des mesures alternatives à l’incarcération
et du recours à la détention provisoire ou préventive, dont la
durée doit être limitée. C’est l’effectif de la population carcérale qui est
ici en cause.
Le recours à des peines alternatives aux
peines privatives de liberté n’est pas assez mis en œuvre par les juridictions
répressives, parfois parce qu’elles apparaissent à ces dernières comme
insuffisamment efficaces. En Belgique par exemple, les « peines de
travail » qui peuvent être octroyées notamment à des récidivistes ne
peuvent dépasser un nombre d’heures sans commune mesure avec une peine
d’emprisonnement. De la même manière, le recours au contrôle judiciaire et
l’aménagement systématique des peines devraient être généralisé.
Les Etats généraux de la condition pénitentiaire en
Europe, qui seront organisés à Bruxelles, devront ainsi montrer que dans un
certain nombre d’Etats membres c’est une réforme du droit pénal
qui doit être mise en chantier.
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