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| La réforme de la santé |
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| Écrit par Maurizio Rofrano | |||||
| 25-11-2007 | |||||
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La santé est notre bien le plus précieux. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de garantir à chaque citoyen l’accès aux soins dont il a besoin. Le système de protection sanitaire qui avait été mis en place après la seconde Guerre Mondiale, et qui a, durant de longues années, assuré le bien-être de nos concitoyens, ne fonctionne plus comme il faut, déficitaire depuis longtemps déjà.
Les causes de son dysfonctionnement sont multiples : chômage de masse, demande accrue, techniques de soin de plus en plus coûteuses, vieillissement de la population… Si nous voulons, dans les années à venir, assurer à chaque citoyen la protection sanitaire à laquelle il a le droit d’aspirer, le système nécessite d’être réformé.
En premier lieu, il est urgent de maîtriser l’augmentation des dépenses. Quatre priorités se dessinent alors. Tout d’abord, une négociation constante doit s’engager entre puissance publique et industrie pharmaceutique pour assurer les prix les plus équitables pour tous les acteurs. Une évaluation constante de qualité concernant les services fournis aux patients est nécessaire tout en n’oubliant pas de poursuivre une politique de réduction des antibiotiques, de soutien à la prescription de génériques… Le remboursement des frais doit être lié à la qualité des prestations – on pourrait imaginer en ce sens un système de « bonus malus ». Le recours plus strict au médecin traitant, ainsi que la mise en place du carnet de santé électronique qui commence à être introduit, sont également de bonnes pistes à suivre. Il est indispensable de ré-articuler autrement notre politique sanitaire entre les échelons national et régional : le Parlement décide des grandes orientations et les régions s’occupent de la mise en œuvre des décisions et de la gestion du réseau. Enfin, une mise en concurrence régulée des caisses de Sécurité Sociale doit s’établir et être garantie par la surveillance de l’État.
La gestion des infrastructures de santé doit être adaptée aux nécessités d’aujourd’hui. Un hôpital modernisé se doit de continuer à assurer sa fonction de service public, mais cela n’empêche pas qu’il puisse bénéficier de toutes les ressources de la gestion privée, et ainsi de profiter d’avantages tant au niveau financier qu’au niveau de la transparence et de l’allègement de l’appareil de gestion. La mise en réseau des filières de soins permet, là encore, non seulement une meilleure gestion des finances, mais aussi une amélioration des prestations rendues quant au temps d’attente et à l’accès aux soins les plus adaptés. Ces mesures sont des voies indispensables dans un milieu constamment au bord de l’asphyxie financière. Une convergence des statuts juridiques et financiers entre hôpital privé et hôpital public permettrait un contrôle plus accru de l’État concernant l’acquittement du service public de la part des cliniques privées en sanctionnant, notamment, toute sélection. Les hôpitaux publics, à leur tour, pourraient tirer avantage de pouvoir moduler leur tarification concernant des prestations ne touchant pas directement le service public. Des partenariats public/privé pourraient alors inciter à la construction, l’entretien et à une gestion plus efficace des établissements. Une réflexion s’impose également au niveau d’une distribution égale sur tout le territoire du personnel médical. C’est le droit de tout citoyen d’avoir accès à un médecin dans un périmètre raisonnable. Une régulation s’impose donc de la part de l’État, d’abord, en relevant le numerus clausus, ensuite, en négociant la libre installation sur le territoire, incitée par l’accès à certains avantages quand celle-ci se fait dans des endroits défavorisés. Notre système de santé va à l’encontre d’un problème majeur qu’il doit résoudre : le vieillissement de la population. Il s’agit de faire face aux enjeux financiers mais aussi aux problèmes d’infrastructure. Une offre de proximité répartie de manière équitable sur tout le territoire doit être assurée. Il est possible de muter un certain nombre de plateaux techniques, peu ou sous-utilisés, dans des établissements de taille moyenne, dans des services de gérontologie. Une politique de santé moderne se doit d’être tournée davantage vers la prévention que vers le soin. De réelles marges budgétaires doivent être allouées à cette fin car il est moins cher de prévenir que de soigner. Encore peu développée en France, c’est une filière médicale à construire. Il faut, dès le plus jeune âge, éduquer et informer nos enfants concernant les risques des pratiques addictives, leur apprendre à se nourrir d’une manière plus saine, ainsi que porter une plus grande attention au rythme de vie et à l’ergonomie. Mais d’autres classes d’âge sont aussi concernées, notamment au niveau du dépistage des cancers ou des maladies cardio-vasculaires. De réels efforts dans ce sens pourraient radicalement changer la donne en matière de santé.
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