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| Edito pour la revue de l'école de Ponts |
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| Écrit par François-Xavier Tramond | |||||
| 22-12-2007 | |||||
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Toulouse le 30 juin 2007
Le mécénat d’entreprise n’est pas une question de générosité ou de gratuité. C’est une question de responsabilité et de liberté. Les entreprises ont un objet social cadré et un statut juridique contraignant qui leur interdit de financer des opérations qui n’entreraient pas dans la bonne marche et le bon développement de leurs projets. Une action de mécénat d’entreprise, seulement motivée par un goût personnel, serait à considérer comme un « abus de bien social » ou une « danseuse du Président » et non comme un acte de responsabilité.
L’approche désintéressée et gratuite que les français ont spontanément en tête, lorsque que le sujet du mécénat est abordé, n’existe que dans une logique de suspicion à l’égard des entreprises. Sans ce regard suspicieux personne ne se poserait la question de savoir si le mécène doit, ou non, trouver un intérêt personnel à son geste d’utilité publique. Penser que le mécénat doit être un acte gratuit, philanthrope ou désintéressé est surtout une façon de se conforter dans l’idée d’un Etat omniscient et omnipotent. Cette conviction, très jacobine, a principalement l’avantage de permettre à chacun de vivre dans une irresponsabilité confortable à l’ombre d’un Etat Providence.
Les politiques de mécénat ne doivent jamais s’extraire d’une logique de « gestion normale »1, au même titre que la communication, les ressources humaines ou la recherche. S’il est nécessaire que le porteur de projet soit dans une logique de « gestion désintéressée » de son association, afin de pouvoir œuvrer dans les domaines de l’intérêt général, il n’en est rien pour le mécène, bien au contraire. Ainsi est il souvent conseillé aux entreprises de confier leurs budgets de mécénat aux pouvoirs publics, par le biais d’une collectivité ou d’une structure publique et de trouver déplacée, voir injurieuse, la réticence de certain groupe qui en auraient largement les moyens. Il y a un véritable risque de « siphon » des pouvoirs publics sur les budgets de mécénat auquel les entreprises doivent prendre garde. Les partenariats librement choisis par l’entreprise, n’ont pas la nécessité de recevoir l’approbation des élus pour trouver leur légitimité : celle des parties prenantes majeures de l’entreprises (salariés, actionnaires, partenaires, …) est suffisante. Les entreprises mécènes ne sont pas tenues, par exemple, de passer par les cases DRAC2 ou FRAC3 pour financer des projets culturels ; elles peuvent choisir librement d’accompagner des projets associatifs qui leurs semblent innovants, pertinents et talentueux. Après avoir, sans ménages, posé la question de l’intérêt particulier dans une démarche d’intérêt général et après avoir désamorcé les préjugés philosophiques et politiques d’une telle démarche, il est possible de réfléchir à la mise en œuvre de projets ambitieux et pertinents, répondant aux préoccupations concrètes et légitimes des entreprises. S’investir dans le champ de l’intérêt général n’est pas simplement s’affranchir d’une certaine responsabilité morale, c’est surtout comprendre que nous sommes tous, chacun à son niveau, responsables de la bonne marche du monde et de la cohésion de notre société. D’un point de vue macro économique,
François-Xavier Tramond
Consultant en mécénat culturel Enseignant à Sciences Po Paris Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir 1 Instruction fiscale d’avril 2000, le législateur accepte l’idée d’une « contrepartie » dans le cadre d’action de mécénat, à condition qu’il y ait une « disproportion marquée entre la somme versée et la valorisation de la prestation rendue ». Cette disproportion ne doit pas excéder 25 %. 2 Direction Régionale des affaires culturelles 3 Fond Régional d’Art Contemporain
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