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Améliorer l'école et guérir le collège,sans tabou ni langue de bois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Christophe Chomant   
25-11-2007
S’il est un secteur problématique et inquiétant de l’école française aujourd’hui, c’est celui du collège. Écoles maternelle, élémentaire, lycées et universités fonctionnent de façon relativement correcte en regard – même s’ils appelleraient aussi des améliorations. Parons au plus urgent !

Le collège actuel ne fait plus travailler chaque élève au maximum de ses potentialités ni ne joue plus son rôle d’ascenseur social républicain. Il y règne le mépris du travail, de l’effort et de l’excellence, cependant qu’y prolifèrent brimades et violences.
Doit-on être de « droite » pour prendre ces problèmes à bras-le-corps et les régler ? Non ! Angélisme, démagogie ou lâcheté, malheureusement trop souvent répandus à gauche, doivent laisser place au réalisme, au courage et à l’action. Nous devons, hommes de progrès, guidés par l’idéal de justice sociale, remettre le collège sur ses rails !

Premier tabou : les potentialités cognitives des élèves. Non, elles ne sont pas toutes équivalentes à la naissance ! Il n’y a plus que quelques intellectuels idéalistes (qui ne sont jamais devant les élèves) pour le croire. Être de « gauche » ou de « droite » n’a d’ailleurs rien à voir avec cette diversité naturelle qu’affrontent chaque jour les enseignants, et de façon particulièrement critique en classes de 4ème et 3ème, juste avant la diversification des cursus. Dénier cette réalité naturelle sous des motifs idéologiques conduit dans un mur. Socio-libéraux réalistes et responsables, nous devons tenir compte de cette diversité, dans l’intérêt premier des élèves, et particulièrement ceux en difficulté.

La diversité cognitive dépend-elle de l’origine sociale ? En toute rigueur non : les caractères naturels de la cognition sont relativement redistribués d’une génération sur l’autre, ce qui fait par exemple que de nombreux enfant dotés de potentialités enviables naissent au sein de milieux défavorisés. Or, sous couvert « d’égalité » (non pas des chances mais des niveaux), le collège unique a abaissé ses exigences, sacrifié les potentialités de tous et renoncé à sa mission d’ascenseur social. Résultat : un enfant issu de milieu pauvre a aujourd’hui moins de chance de réussir dans la vie que ses grands-parents il y a cinquante ans !
Il est urgent de rétablir au collège une valorisation du travail et de l’excellence, et ré-instaurer des groupes de niveau qui permettront à chacun – surtout les élèves les plus en difficulté – de trouver « chaussure à son pied », travailler à son rythme et assimiler des contenus qui l’intéressent (sans pour autant bien sûr instaurer des filières cloisonnées).

Ces mesures de respect de l’individualité et de diversification des approches permettront à l’élève en difficulté de trouver aide et soutien. Elles permettront également à l’ensemble des élèves d’optimiser l’épanouissement de leurs potentialités et accomplir leurs aspirations professionnelles. Elles permettront enfin aux enseignants d’exercer leur métier avec dignité, sérénité et efficacité.
L’instauration de groupes de niveau généralistes permettra par ailleurs de revaloriser réellement les filières techniques, trop souvent utilisées aujourd’hui comme des classes de relégation pour élèves en difficulté. Ce phénomène de dévalorisation du technique doit cesser, de façon à ce que notre pays se dote de nombreux artisans et techniciens d’excellence. La formation par apprentissage en collaboration avec des entreprises doit aussi être autorisée et encouragée.

Respect de la diversité cognitive, responsabilisation des élèves et retour au travail constitueront aussi un moyen efficace de lutte à la racine contre la violence dont souffrent aujourd’hui élèves, enseignants et personnels d’encadrement. Car c’est avant tout l’inadéquation entre la rigidité uniformiste du collège unique et les potentialités et aspirations de chacun qui est la cause du climat de violence régnant dans les collèges… avant de se prolonger dans les cités par des incendies de voitures ou autres caillassages de policiers.

Plus avant, la guérison du collège agira positivement en aval sur d’autres maux que sont le chômage, la violence, l’insécurité et une extrême droite à plus de 20 %.

La pensée social-libérale, qui aime responsabiliser les individus, relativisera également l’idéologie actuelle du « 100 % droits » des élèves, qui se sentent autorisés à tout exiger d’une École et d’enseignants tenus à tous les devoirs. Ces rapports devront s’inverser, ou à tout le moins s’équilibrer : l’École (comme d’une façon générale la société) n’a pas à tout offrir à ceux qui n’offrent rien en échange. Une école gratuite (mais néanmoins coûteuse) de haute qualité se mérite, en échange de civilité, de travail et d’efforts.
Enfin, le succès de l’école et du collège dépendra non pas de sempiternelles réformes ou modes pédagogiques poudre-aux-yeux, mais de pleines confiance et responsabilité accordées par l’État aux enseignants et personnels de direction, suffisamment sagaces et compétents pour savoir comment instruire au mieux leurs élèves. Car, au-delà des modes et méthodes, ce sont finalement les résultats – les connaissances et compétences acquises – qui sont essentiels.

Créer des groupes de niveau, responsabiliser les élèves et ré-instaurer une culture de l’excellence permettront de « guérir » le collège, restaurer l’ascenseur social républicain et ramener la justice, l’ordre et la paix sociale dans notre société.

Le dépassement et l’amélioration du « collège unique » n’ont rien de « droitistes ». De telles mesures constituent au contraire une avancée sociale dans l’intérêt de tous et en particulier des élèves issus de milieux défavorisés. Plus avant, cette avancée sociale se répercutera positivement sur l’ensemble des autres fléaux de notre société que sont le chômage, la violence, l’insécurité et l’extrême droite.

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