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«Le 11 Novembre, jour de la paix et de la mémoire" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
13-05-2008

LE FIGARO

 

Propos recueillis par Claire Bommelaer
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(Photo : François Bouchon / Le Figaro)
(Photo : François Bouchon / Le Figaro)

INTERVIEW - Le secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens Combattants Jean-Marie Bockel suggère de faire de l'anniversaire de l'Armistice de 14-18 un «Memorial Day» à la française.

LE FIGARO. Pourquoi soulever aujourd'hui la question des mutins de la guerre de 1914-1918 ?

Jean-Marie BOCKEL. Les associations d'anciens combattants portent ce combat depuis longtemps. Les années ont passé, nous allons célébrer le 90e anniversaire de l'armistice en novembre prochain, le dernier Poilu vient de mourir. Pourquoi ne pas rouvrir ce dossier avec un esprit différent ?

Concrètement, comment allez-vous vous y prendre ?

Je réfléchis à une forme de réhabilitation, au cas par cas, des fusillés pour l'exemple lors de la Première Guerre mondiale. Mes services sont en train d'examiner l'ensemble du dossier de façon minutieuse, car tous les cas ne sont pas équivalents. Il y a eu 600 personnes condamnées à mort entre 1914 et 1918 : parmi elles, un certain nombre de droits communs, comme il en existe à chaque guerre. Ils ne sont pas concernés par notre démarche. Nous voulons retrouver ceux qui ont été fusillés pour l'exemple, pour des raisons de refus de combattre ou de mutinerie, comme les mutins de 1917. Mais ces cas existent dès 1914.

En 1998, Lionel Jospin avait déjà fait cette proposition et Nicolas Sarkozy l'avait critiquée. Devenu président, sera-t-il d'accord avec vous ?

La question est ouverte depuis beaucoup plus longtemps que cela ! Déjà, en 1932, la France s'était penchée sur ses fusillés pour l'exemple. À l'époque, une première loi de réhabilitation avait été votée, 40 fusillés avaient été réhabilités et, dès lors, leurs noms avaient pu être inscrits sur les monuments aux morts. Depuis, les choses ont évolué, le temps a passé. C'est moins, désormais, une démarche politique qu'une démarche de mémoire et d'histoire. Pour Nicolas Sarkozy, à qui je vais soumettre le dossier, cela serait une occasion de marquer un geste de réconciliation, comme le réclament plusieurs associations d'anciens combattants. En tout cas, la décision sera prise au plus haut niveau.

Nous venons de célébrer la Journée de l'esclavage. Les commémorations se multiplient, jusqu'à en devenir illisibles pour les Français…

Alain Marleix, mon prédécesseur, avait commandé à André Kaspi un rapport sur la multiplication des commémorations. Je vais le rendre public prochainement, et cela sera l'occasion de réfléchir sur ce que nous voulons faire de toutes ces journées. Sans attendre ni préjuger des conclusions du rapport Kaspi, je pense que l'on peut faire évoluer les choses. Pourquoi ne pas faire, comme beaucoup de pays, un «Memorial Day» ? Pourquoi ne pas instaurer une date dédiée aux hommes et aux nations, autour des valeurs de la République, de la paix, du respect des droits de l'homme ? Peut-être que le 11 Novembre pourrait remplir ce rôle. Il n'est pas question de se figer dans le passé. Nous devons adopter une démarche de mémoire, dans un esprit de réconciliation.



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