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Revue de Presse
Débat Jean-Marie BOCKEL - Jean-Louis BOURLANGES à propos de la Présidende Européenne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrateur   
13-11-2009
Le Figaro Magazine - Vous avez envisagé avec intérêt la possible candidature de Tony Blair à la présidence du Conseil européen. Il n'en est quasiment plus question aujourd'hui. Comment percevez-vous ce retournement de situation ?


Jean-Marie Bockel
 - Ce n'est pas en qualité de membre du gouvernement que je m'exprimerai sur ce sujet, mais en tant que président de la Gauche moderne, parti d'ouverture au sein de la majorité. Cela étant clairement précisé, mon blairisme ancien me donne en effet beaucoup de sympathie pour une candi dature dont j'ai compris qu'elle n'est plus guère d'actualité. Sans doute Blair a-t-il quelques handicaps : son engagement en faveur de la guerre en Irak en 2003 ou son libéralisme post-thatchérien, mais il a aussi été le plus européen des Britanniques, par exemple en ne commettant pas l'erreur d'un référendum sur l'euro, qu'il aurait perdu. Au-delà de sa personnalité se pose la question de la qualité même de la présidence de l'Europe.
Quatre fonctions doivent trouver leur équilibre : la présidence du Conseil, la présidence tournante des chefs d'Etat ou de gouvernement, la nouvelle fonction de haut-représentant pour les Affaires étrangères et la présidence de la Commission. C'est pourquoi je continue à plaider pour une présidence forte qui servirait de repère, de point de rassemblement pour une Europe en devenir, confrontée à la crise et aux enjeux mondiaux. Tony Blair, à l'évidence, l'aurait bien incarnée...


Jean-Louis Bourlanges
 - Il a pour qualité fondamentale d'être un véritable homme du centre, conciliant la confiance dans l'économie de marché et un souci de correction sociale. Il est doté d'un immense talent : au Parlement européen où l'on avait applaudi Jean-Claude Juncker dans une dénonciation assez vive du comportement britannique, je l'ai vu retourner l'hémicycle et partir lui-même sous les ovations. Mais imaginez-le à la présidence du Conseil avec Barroso à la Commission, deux personnalités qui ont voté pour la guerre d'Irak alors que les Etats-Unis ont élu un Président qui a voté contre. Un tel lapsus historique serait assez préoccupant...

Blair représente un pays qui a fait le choix systématique de la dérégulation, notamment en matière financière, modèle qui a pris du plomb dans l'aile avec la crise. Le Royaume-Uni a, par ailleurs, systématiquement choisi ce que l'on appelle dans le jargon communautaire des opting out. Il n'accepte ni Schengen, ni la monnaie unique, ni la charte des droits fondamentaux, tout en manifestant une très grande capacité à occuper des positions de pouvoir à Bruxelles.

Ce n'est cependant pas pour toutes ces bonnes raisons que les 27 s'apprêtent à refuser Blair, mais parce qu'il a une personnalité trop brillante, trop forte. On aura donc des profils moins ambitieux et beaucoup moins ciselés. Imaginez que lors de la crise du Caucase nous ayons eu un président du Conseil parallèlement à Nicolas Sarkozy. Qui aurait représenté l'Europe ? Contrairement à une idée reçue, le traité de Lisbonne ne simplifie pas la donne, il la complique. Le poste important me semble en fait être celui de haut-représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, le président du Conseil européen risquant de n'avoir d'autre pouvoir que celui d'« ouvrir la séance et de la fermer ».


Jean-Marie Bockel
 - Cela me rappelle la célèbre phrase de Kissinger : «Quand je prends mon téléphone pour appeler l'Europe, qui ai-je au bout du fil ?»


Jean-Louis Bourlanges
 - En fait, on lui offre un standard téléphonique...


Jean-Marie Bockel
 - Face aux enjeux planétaires comme Copenhague en décembre prochain, et l'après-Copenhague, la ligne de téléphone unique est importante. A côté d'un président que j'espère fort, il est bon également que le haut-représentant pour les Affaires étrangères soit un ou une socialiste, comme cela se discute actuellement. Que la gauche européenne - que je considère comme moderne, à l'exception de la française - puisse se retrouver avec un ministre constituerait un utile complément à la réussite de cette démarche. L'image de la triangulation restera d'actualité. Blair l'a incarnée en son temps, de même que Clinton.
On n'est pas d'abord libéral ou social-libéral, mais issu d'une réalité nationale face à un monde en pleine mutation. Les réponses aux enjeux planétaires existent aussi ailleurs, chez ceux qui pensent différemment. Ces allers-retours idéologiques pour constituer une pensée en actions, Blair les a opérés en Grande-Breta gne, tout comme Nicolas Sarkozy en France, avec l'ouverture. Mais c'est un autre sujet...


Jean-Louis Bourlanges
 - Un mot sur Jean-Claude Juncker dont la candidature, comme celle de Blair, semble de moins en moins à l'ordre du jour : la quali té fondamentale d'un Luxembourgeois est d'être en stéréophonie franco-allemande, de comprendre les deux cultures. Dans ce cas d'espèce, Juncker est en mauvais termes avec Nicolas Sarkozy et très critique vis-à-vis d'Angela Merkel. Il y a donc un problème.


Jean-Marie Bockel
 - L'Europe d'aujourd'hui ne se fera pas sur la seule relation franco-allemande, comme j'ai pu le penser à une certaine époque, mais elle ne progressera pas non plus sans ce lien essentiel.


Jean-Louis Bourlanges
 - Ce sont toujours les Français et les Allemands qui donnent le la. «Si l'on a fait l'euro, raconte Jean-Claude Trichet, c'est parce que les Allemands et les Français ont affirmé que s'il devait n'en rester que deux, ils seraient ces deux-là.» La monnaie franco-allemande apparaissant incontournable, tout le monde s'est écrié comme dans la chanson de Jacques Dutronc : «Et moi ! Et moi ! Et moi !» Or actuellement je sens mal l'articulation entre la construction européenne et le franco-allemand. La France pratique une politique budgétaire plus laxiste que l'Allemagne, même si cette dernière semble relâcher un peu les cordons de la bourse, en dépit de la modification de sa loi fondamentale proscrivant les déficits budgétaires à l'horizon de 2016 et 2020.


Jean-Marie Bockel
 - Ne s'agit-il pas tout simplement d'un décalage dans le temps ? Au moment où la crise est arrivée, nous enregistrions un certain retard par rapport au déficit, à la modernisation du pays, au soutien industriel, c'est pourquoi il y eut quelques désaccords sur le plan de relance entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy dans la première période. Par la suite, la crise s'approfondissant, la position allemande s'est rapprochée des intuitions françaises. La France ne résiste pas trop mal, que ce soit pour l'amortisseur social ou en matière de chômage. J'observe donc aujourd'hui plus de convergences que de divergences entre nos deux pays.


Jean-Louis Bourlanges
 - Reste que les Alle mands peuvent se permettre de faire 24 mil liards de réductions d'impôt, parce qu'ils sont dans une situation de déficit structurel très sensiblement moindre que la nôtre. Nous, nous sommes adossés à un quart de siècle de politique budgé taire laxiste, et à la relance à con tretemps du plan Tepa.


Le Figaro Magazine - Est-ce l'axe franco-allemand qui déterminera la présidence européenne ?

Jean-Marie Bockel - Le moteur franco-allemand pouvant malgré tout amener à des impasses psychologiques, il nous faut plusieurs fers au feu en comptant avec le partenaire britannique. Le président français ne perd pas de vue cet aspect, et les Allemands le savent...


Jean-Louis Bourlanges
 - Sans doute, mais il ne faut pas non plus se dissimuler que le très relatif dynamisme franco-allemand risque désormais de se heurter à un regain d'inertie britannique, relayée par un certain nombre d'eurosceptiques au sein de l'Union. Les Français et les Allemands détiennent un pouvoir essentiel à condition de s'avancer tous feux éteints, sans mettre les autres devant le fait accompli. La bonne technique était celle de Delors. Lorsqu'il voulait faire passer quelque chose, il téléphonait à Kohl et à Mitterrand. Quand il sentait que cela marchait, il allait voir les Belges et les Luxembourgeois, puis se taisait. Un Belge, un Luxembourgeois ou un Néerlandais reprenait la proposition à son compte, et tout le monde s'y agrégeait 

Débat  Bockel - Bourlanges
animé par Patrice de Meritens, Le Figaro magazine
 



Le projet de loi pénitentiaire, une réforme juste : Tribune de JM Bockel dans Le Monde du 14/10 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrateur   
23-10-2009
La prison serait-elle l’École du vice, ou tout au contraire un lieu de contention réglé par un régime punitif et disciplinaire dégradant, synonyme de tous les arbitraires ?

Contempteurs de l’enfermement ou zélotes de la détention punitive, trop souvent les discours angéliques ou ultra-sécuritaires se croisent et se nourrissent mutuellement à partir d’un même déni du réel.


L’une des caractéristiques essentielles du cœur de ce qui fait l’institution pénitentiaire : l’isolement dans un espace clos et coupé de l’extérieur, semble de moins en moins pertinente.

Faut-il le rappeler, depuis 1985, les soins psychiatriques ne dépendent plus de l’Administration pénitentiaire et depuis 1994, cette situation s’est élargie à l’ensemble des soins. De surcroît, la prison en s’ouvrant sur l’extérieur a fait entrer en son sein, outre les magistrats et les avocats, une multiplicité de nouveaux intervenants : enseignants, parlementaires, visiteurs de prisons, aumôniers, délégués du médiateur, Contrôleur général des lieux de privation de libertés, associations. Ces évolutions tendent à affaiblir les modèles des années 70, l’institution n’est plus aussi « totale » qu’il n’y paraissait.


Pourtant certaines figures emblématiques d’un militantisme anti-carcéral, tout à fait estimable ne s’embarrassent guère de ces scrupules méthodologiques. Ils semblent traquer, derrière chaque indice du mal-être carcéral, la justification de la Cause de l’abolition des prisons. Ce combat respectable, ne justifie pas, à l’instar des propos tenus par Florence Aubenas, que les dispositions novatrices du projet de loi pénitentiaire soient disqualifiées comme un simple habillage d’un régime disciplinaire immuable. 


Il est cependant une question à laquelle les abolitionnistes hier comme aujourd’hui n’ont jamais apporté de réponse : par quoi remplacer la prison ?

L’abolitionnisme a pourtant, au cours de notre histoire récente réalisé son programme, dans un secteur particulier de la société, sous la pression de l’antipsychiatrie. Il est possible aujourd’hui d’en évaluer les dégâts. Les murs asilaires sont certes tombés, entraînant la destruction de 40 000 lits de psychiatrie en 20 ans. Résultat : une grande partie de cette population en déshérence se retrouve entre les murs de l’institution pénitentiaire. La prison a-t-elle vocation à être un asile de substitution ? Ce transfert des pathologies psychiques au sein de l’univers carcéral rajoute assurément de la complexité et de la souffrance au sein d’une institution qui n’en avait pas besoin.


C’est par une faute d’inertie politique que les prisons ont été victimes d’une sorte d’oubli dans l’agenda politique.

Ainsi, en 2001, l’échec du projet de loi pénitentiaire préparé, lorsque Marylise Lebranchu était ministre de la Justice, consacrait l’enlisement d’un chantier, fixé dès novembre 2000 au rang de priorité par le Premier Ministre de l’époque, Lionel Jospin.



Pouvait-on accepter dès lors de laisser nos prisons dériver au gré des majorités successives dans cette obscurité honteuse ?


Le gouvernement de François Fillon a pris l’initiative d’amarrer la prison aux enjeux démocratiques. Le Président de la République, lors de son discours au Congrès a fait de cet enjeu, un chantier décisif, à cette étape de la mandature.

Pour incontestables que soient les avancées de l’État de droit en prison, il fallait en effet les stabiliser dans un texte normatif qui permette de délimiter les missions du service public pénitentiaire, de définir son code de déontologie, de garantir la protection des droits des personnes détenues, de clarifier les régimes de détention ainsi que les aménagements de peine.


C’est la raison pour laquelle le gouvernement a souhaité rassembler dans un texte unique, que nous avons défendu à l’assemblée  nationale avec le Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, les missions de surveillance et de réinsertion des personnes placées sous main de justice. Au-delà des restrictions qui résultent des contraintes inhérentes à la détention, de la prévention des infractions et de la protection de l’intérêt des victimes sont énoncées dans ce projet de loi l’ensemble des droits qui doivent continuer à prévaloir dans leur intégralité.


Enfin le projet de loi pénitentiaire vise à clarifier les régimes de détention. Des efforts considérables ont été développés depuis 2002, grâce à un programme de constructions de 13 200 places, qui permettra d’atteindre, en 2012, une capacité de 63 000 places. Si le principe d’encellulement individuel est conforme à une exigence de dignité individuelle, il peut être nuancé, au regard des nécessités  de prévention du suicide et du profil psychologique de certains détenus.

 

Le point d’équilibre réside bien dans le réalisme pénal et pénitentiaire qui inspire le projet de loi pénitentiaire.

Tant qu’elle reste indicible, la prison demeure une sorte de mythologie obscure qui trimballe avec elle son lot de fascination ou de répulsion, laissant la société démocratique dans une sorte de sidération entre mauvaise conscience et ressentiment à l’égard de ceux qui ont transgressé la loi commune.

Il est grand temps de réintégrer la prison réelle dans l’espace de la délibération démocratique, afin qu’elle cesse justement d’en être la part maudite. 

 

Jean-Marie Bockel

Secrétaire d’État à la Justice



Bockel au JDD : Etre un marqueur Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrateur   
25-09-2009
La Gauche Moderne tenait ce week-end ses Rencontres Nationales. Deux ans après sa fondation, le mouvement compte 1500 adhérents. "Nous sommes peut-être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain", assure au JDD.fr Jean-Marie Bockel, son président et Secrétaire d'Etat auprès de la Ministre de la Justice. Il table sur des régionales réussies pour asseoir un peu plus son mouvement en vue de 2012. Et ambitionne d’accueillir des socialistes déboussolés.

 


Comment se porte votre mouvement?

Il progresse. Nous sommes encore petits mais nous sommes désormais présents dans toute la France. Nous avons 150 conseillers municipaux depuis les Municipales de 2008 et deux députés de la Gauche Moderne ont été élues lors des Européennes. Nous avons eu la capacité de présenter des candidats crédibles aux Européennes, et nous l’aurons aux Régionales. C’est la preuve que nous sommes peut être une petite formation politique mais une formation qui existe réellement sur le terrain.


Diriez-vous que votre mouvement a réellement trouvé sa place sur l’échiquier politique?

Je ne peux pas dire ça. La Gauche Moderne trouvera vraiment et durablement sa place quand il se sera renforcé, quand il aura une influence, un poids plus important, une capacité à produire des idées. Nous bossons, nous avons un vrai corps de doctrine mais nous sommes encore trop faibles. On ne nous entend pas assez. Nous sommes au milieu du gué, nous avons accompli beaucoup de chemin depuis un an, où certains prédisaient que dans six mois, nous ne serions plus rien. Je prends le pari qu’après les régionales, nous serons encore mieux implantés dans le paysage et en 2012, vraiment inscrits, respectés. J’espère que nous aurons des parlementaires, que nos idées, nos propositions soient reconnues.

"Un coup de gueule utile"

A court terme, quelle est votre ambition pour les élections régionales?
Aux Européennes, nous avons eu une stratégie réaliste: on n’avait demandé aucune place éligible. Certains avaient souri à l’époque, mais finalement, nous avons deux élues. Il faut savoir prendre des risques quand on est petit... Là, nous avons la capacité d’avoir des places éligibles dans certaines régions où nous sommes assez fort, comme l’Ile-de-France ou l’Alsace. Dans d'autres, on jouera le succès: si on gagne, on est élu, si on perd, on ne l’est pas. Et là où nous sommes plus faibles, nous serons "pousseurs", pour marquer notre présence, notre soutien. C’est une stratégie réaliste et appréciée. A l’UMP, nous sommes vus comme des alliés libres indépendants mais fiables.


Se revendiquer de gauche, dans une majorité à droite, vous vous êtes habitué?

Nous ne sommes pas une sensibilité de l’UMP comme peuvent l’être les Progressistes ou le Parti radical, qui pratiquent la double adhésion. Nous sommes autre chose, nous ne sommes pas associés à l’UMP, au même titre que le Nouveau Centre. Nous sommes la formation politique indépendante, alliée à la majorité, qui symbolise sur le plan d’une formation politique l’aile gauche de la majorité.
Je parle beaucoup avec les travaillistes britanniques, les sociaux-démocrates allemands ou les socialistes italiens: partout nous sommes considérés comme un élément de la gauche européenne, certes allié avec la droite dans un contexte particulier, celui de la politique de réforme menée par le président Sarkozy. Il n’y a qu’en France qu’on se fait insulter de traître. Ailleurs on comprend, voire cela paraît assez naturel, car beaucoup de députés socialistes européens se sentent plus proches de nos idées ou de celles de Sarkozy, que de celles du PS français. Dans cette majorité, nous voulons garder cette sensibilité propre, la liberté de ne pas être d’accord, voire si vraiment on n’est pas d’accord, de partir. Mais c’est aussi ce qui donne de la valeur à notre soutien.


Et vous pensez que ce positionnement vous permettra d’attirer à vous des socialistes déçus par ce qui se passe au PS, comme vous l’avez souhaité ce week-end?

Nous pouvons attirer l’électorat de gauche qui se détourne du PS, qui se pose des questions, qui ne se retrouve pas dans le caractère trop dogmatique des Verts et qui ne rejette pas en bloc tout ce que fait le gouvernement. Pour tous ces socialistes déçus, nous pouvons être, comme je l’ai dit, "un permis de voter". Un marqueur. Le fait que nous soyons au gouvernement montre qu’ils ne sont pas tout seuls à se poser des questions. Ils peuvent voter pour des gens de la majorité qui pensent comme eux et ont toute leur place au sein du gouvernement. Evidemment je parle de ceux qui se sentent proche de la grande tradition européenne de centre gauche. Ce qui peut être appelé la droite du PS en France et qui serait appelé partout en Europe l’axe de la gauche.


Vous ne vous opposez peut-être pas assez pour attirer des électeurs socialistes, mêmes déçus…

S’opposer pour s’opposer, sans que cela ait d’effets ensuite, cela ne nous rendra pas plus crédibles. Nous sommes d’abord une force de proposition. A plusieurs reprises, ce qu’on a pu dire a contribué à des réformes, comme sur la flexi-sécurité. Lorsque Philippe de Villiers a intégré le comité de liaison de la majorité, je crois que mon coup de gueule a été utile. J’avais dit que pour que ce rassemblement fonctionne, il ne fallait pas être négatif comme Philippe de Villiers, qui ne disait à l’époque que vouloir être "contre" la gauche. J’avais souligné qu’il fallait aussi être "pour", construire quelque chose de manière durable. Ça a été entendu. Cela dit, nous restons vigilants et attentifs. Mais je n’ai pas de raison non plus d’être sectaire a priori sur Philippe de Villiers, puisqu’on ne l’a pas été avec moi.

Maud Pierron

 



Les 2èmes Journées Nationales de La Gauche Moderne : échos dans la presse Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marc d'Héré   
22-09-2009
Le Figaro du 21 09
 
Le maire de Mulhouse veut continuer d'élargir l'aile gauche de la majorité présidentielle.
 
« Nicolas Sarkozy porte une grande attention à des idées qui ne sont pas forcément les siennes au départ, qu'on ne retrouve pas dans la pensée de la gauche française, mais qui sont défendues par la gauche européenne. Il n'hésite pas à s'en inspirer, quitte à bousculer sa propre famille politique» : ainsi parle Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'État à la Justice qui a réuni samedi dans sa ville de Mulhouse quelque 400 personnes pour les 2es rencontres nationales de la Gauche moderne.
 
L'été a été difficile pour les animateurs de cette formation partenaire de l'UMP, consternés de l'arrivée tonitruante de Philippe de Villiers au sein de la majorité présidentielle. Jean-Marie Bockel reconnaît avoir été «agacé» par ce ralliement sans condition, avant de se raviser dans une interview au Figaro.
 
"Entre-temps, le président avait rappelé avec insistance que les nouveaux venus rejoignent la politique de réformes de la majorité et font un pas vers nous", a-t-il expliqué samedi. Secrétaire d'État auprès de Michèle Alliot-Marie, il a souligné sa propre «capacité à rebondir», allusion à son limogeage de la Coopération pour avoir déplu à Omar Bongo.
Aucune amertume dans les propos de Jean-Marie Bockel, ni dans ceux des responsables des fédérations qui sont pour la plupart en rupture avec le Parti socialiste. «Un parti qui va à vau-l'eau, entre histoires de personnes et bourrages d'urnes», dénonce le Parisien Serge Federbusch.
 
«La Gauche moderne est une gauche ouverte, avec des propositions, contrairement à celle que nous avons quittée», insiste Yves Urieta, ancien maire PS de Pau, en appelant la majorité à être attentive à «la France qui souffre».
Pour Marielle Gallo, une des deux députées européennes, «la valeur qui doit guider la Gauche moderne n'est plus le socialisme, mais le social».
 
Gauche moderne a mis 25 commissions en place, de la «flexisécurité» à la construction de l'identité, pour «enrichir les réformes».
 
«Les socialistes, qui continuent de se déchirer, n'ont pas de projet alternatif», a martelé Jean-Marie Bockel en tendant, une nouvelle fois, la main «aux sympathisants de gauche qui sont en plein désarroi et qui ne sont pas attirés par la gauche de la gauche ou par les Verts».
«Nous sommes un permis de voter pour ceux qui ne sont pas d'accord avec tout, mais qui se retrouvent dans nos réformes, a conclu le ministre d'ouverture. Ils ont le sentiment, en se rapprochant de nous, qu'ils ne sont pas les seuls de la gauche à le faire…»
 
 
AFP 21 09
 
STRASBOURG — Le secrétaire d'Etat à la Justice Jean-Marie Bockel a estimé samedi que la Gauche moderne (GM) qu'il préside est "une sorte de permis de voter" pour les nombreux déçus de la gauche. Deux ans après la création de ce petit parti allié à l'UMP, l'ancien élu socialiste a estimé que les dirigeants du PS "laissent un champ de ruines qui conduit beaucoup de sympathisants à se détourner durablement du parti socialiste. "Or, a-t-il argumenté, tous ne sont pas attirés par la gauche de la gauche ou les Verts, assez dogmatiques". "Nous constituons en fait une sorte de permis de voter, un sas vers la majorité pour des gens de gauche qui ne sont pas forcément d'accord avec tout mais qui sentiront qu'en se rapprochant de nous, elles ne sont pas les seuls de gauche à le faire", a-t-il déclaré. "Les réformes de Sarkozy ne sont pas conservatrices et souvent elles poursuivent des idées d'une gauche européenne", a-t-il ajouté. M. Bockel s'est exprimé samedi après-midi devant 300 personnes à l'occasion des 2e Journées nationales du parti organisées à Mulhouse. "Nous sommes deux fois plus nombreux qu'il y a un an", s'est réjoui le président de Gauche moderne. A propos des régionales, il a indiqué à l'AFP que des membres de GM seraient présents sur les listes régionales d'union dès le premier tour. "Nous avons une surface nationale suffisante pour avoir des candidats partout, même s'ils ne seront pas éligibles partout".


Jean-Marie Bockel dans la presse à l'occasion du remaniement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marc d'Héré   
24-06-2009

Jean-Marie Bockel : "Une promotion"

 

Nommé secrétaire d'Etat à la Justice auprès de la garde des Sceaux, Jean-Marie Bockel sera en charge du dossier des prisons et de la réforme pénitentiaire.

 

"Je vis cette nomnination comme une promotion après ce qui avait été perçu comme une rétrogradation au secrétariat d'Etat aux Anciens combattants", a-t-il estimé.

 

Ministre "d'ouverture", ex-PS, Jean-Marie Bockel interprète aussi cette nomination comme "la reconnaissance de la Gauche moderne (le parti qu'il préside, allié à l'UMP) au sein de la majorité."

 

OuestFrance.fr

 

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Bockel, de la Défense à la Justice

 

 « Je suis très content. C’est une mission qui m’intéresse beaucoup », a relevé, hier soir, le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, peu après l’annonce de sa nomination comme secrétaire d’État auprès de la garde des Sceaux. En plus d’une mission généraliste au côté de Michèle Alliot-Marie, il aura à s’occuper plus spécifiquement des prisons, dont l’état est « une honte pour la République », a déclaré Nicolas Sarkozy devant le Congrès.

Au cours des dernières semaines, Jean-Marie Bockel – qui a été avocat dans sa jeunesse et dont l’épouse, Marie-Odile Mayer, plaide toujours – avait marqué son intérêt pour les questions de justice. Mais, dans le cadre d’un remaniement qui fait la part belle aux personnalités issues de l’UMP, le président de la toute jeune Gauche moderne, très actif pourtant durant la campagne européenne, n’a pas fait le poids. « La configuration ne le permettait pas », a-t-il simplement constaté.

Entré au gouvernement, comme ministre d’ouverture, en juin 2007, l’ancien sénateur socialiste n’aura passé que quelques mois à la Coopération. Ses critiques envers la « Françafrique » avaient déplu à Omar Bongo et aux autres potentats africains.

Nommé en mars 2008 secrétaire d’État à la Défense, Jean-Marie Bockel, colonel de réserve, s’est montré à l’aise avec les militaires, y compris sur les théâtres d’opérations, comme avec les anciens combattants. Il a réglé, en Alsace-Moselle, la délicate question de l’indemnisation des « Malgré-elles ». À 59 ans, un nouveau champ d’action s’ouvre devant lui. Dans son nouveau poste, au sein d’un ministère régalien, il sera cependant plus exposé qu’avant.

L’Alsace



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