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Bockel: "Un allié libre et loyal" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
07-05-2008

Propos recueillis par Benjamin BONNEAU

leJDD.fr

 Mardi 06 Mai 2008

>>S'il se revendique toujours "homme de gauche", Jean-Marie Bockel est resté fidèle au gouvernement Fillon, qu'il a rejoint au nom de l'ouverture chère à Nicolas Sarkozy. Après un an de mandature, le fondateur du parti Gauche moderne dresse pour leJDD.fr un premier bilan de l'action du chef de l'Etat. En n'oubliant pas d'adresser une petite pique à ses anciens camarades socialistes.

En un mot comment définiriez-vous la première année de mandat de Nicolas Sarkozy?
(Long silence) Studieuse, car on a beaucoup travaillé. J'aurais aussi pu dire laborieuse, car cela comporte également une notion d'efforts, mais le côté péjoratif ne me plaît pas, on va donc rester sur "studieuse". Je trouve que cela colle bien à l'activité du gouvernement depuis un an.

Le style de Nicolas Sarkozy a également beaucoup fait parler...
Oui, mais ça y est, le correctif a eu lieu et cette image de départ va peu à peu s'estomper, j'en suis convaincu. Maintenant, on est centré sur les questions de fond, à savoir les réformes. Si je suis entré au gouvernement, et si je compte y rester, c'est justement en raison de cette idée de reforme juste. J'ai longtemps attendu que le Parti socialiste soit porteur de cette modernisation de la société que j'appelle de mes voeux depuis longtemps. Cela n'a pas été le cas donc je suis parti. Et en tant qu'homme de gauche, je souhaite plus que tout continuer sur la voie de la réforme, il ne faut surtout pas s'arrêter en chemin.

A titre personnel, on dit que vous avez été sanctionné par le chef de l'Etat pour avoir manifesté trop d'impatience à en finir avec la Françafrique *...
Vous aurez remarqué que je me suis abstenu de tout commentaire depuis mon changement de poste, ce n'est pas pour en parler aujourd'hui....

Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé une rupture...
(Il coupe) J'ai fait ce que j'avais à faire et dit ce que j'avais à dire. Et je pense que ce que j'ai dit a eu son utilité pour faire bouger les choses.

"Des erreurs dans la pédagogie de la réforme"

Pour en revenir au PS, en tant que ministre d'ouverture, pensez-vous que Nicolas Sarkozy a contribué à une évolution du Parti? 
D'une certaine façon oui. Je pense que la volonté farouche du président de réformer -en en payant le prix fort en termes de popularité- a dû au moins les interpeller et leur montrer la nécessité de changement. 

Ce qui a donc abouti à "une déclaration de principes" qui consacre l'économie de marché et renie les ambitions révolutionnaires du PS?
Franchement, je ne pense pas, car c'est quelque chose que, personnellement, je réclamais depuis plus de dix ans. Et c'est ce que disent tous les sociaux-libéraux européens depuis plus de trente ans, donc il n'y a rien d'exceptionnel là-dedans. Pour moi, c'est un premier pas, certes, mais ce n'est pas suffisant. Je pense que ce ne sera qu'un nettoyage de façade.

Vous avez quitté le PS en raison de son refus de s'adapter au social-libéralisme. Pourriez revenir dans le giron socialiste si une avancée était faite dans ce domaine?
Aujourd'hui, je suis dans l'état d'esprit d'être un allié libre et loyal du président de la République. Et je ne suis pas quelqu'un qui regarde en arrière. Et quand bien même, je ne vois pas de signaux tangibles marquant une possible inflexion de la politique socialiste depuis mon départ.

Certains leaders, comme Manuel Valls, cherchent pourtant à faire bouger le curseur vers le centre.
Oui, vous avez raison, mais ces idées, je les portais déjà il y a dix ans, et voyez ce qu'il s'est passé... Dès lors, je ne suis pas du tout convaincu que Manuel Valls soit entendu. Je le crains pour lui.

Les réformes lancées ne sont-elles pas menées de façon un peu trop dure pour être acceptées par les Français? 
On ne peut pas nier qu'il y a eu des erreurs de faites dans la pédagogie de la réforme ou dans la communication. Rien que le terme de paquet fiscal était une erreur, même si c'est toujours plus facile de le dire avec le recul. Concernant le RSA, avec lequel je suis en phase, je comprends que cela fasse débat, mais c'est pourtant une réforme juste, dont le contenu n'est pas à remettre en cause, même si son financement peut faire grincer des dents. C'est d'ailleurs la même chose pour le si critiqué paquet fiscal qui, finalement, concerne essentiellement les classes moyennes.

"Je comprends la mauvaise humeur des Français"

Ce n'est donc pas la réforme qui pose problème mais la façon d'en parler?
C'est un peu ça oui... De toute façon, en France, si on ne réforme pas, on est impopulaire et si on réforme... on est encore plus impopulaire! La vérité, c'est que, comme l'ont fait nos voisins européens depuis quelques années, il faut accepter d'être impopulaire pour faire changer les choses. Commençons par bien finir cette législature et on jugera sur pièce à ce moment-là.

La baisse de popularité du chef de l'Etat vous inquiète-t-elle dans cette course aux réformes?
Pas du tout. Tout simplement car il n'y a aucune alternative crédible à ce que l'on propose. Même s'il y a bien quelques grèves, je constate qu'il n'y a pas en France de grands mouvements sociaux capables d'influer le cours des évènements. Nous ne sommes pas dans un climat qui pourrait constituer un frein aux réformes. Les Français les critiquent beaucoup, mais ils savent aussi que réformer est indispensable. Je comprends leur mauvaise humeur. Il ne faut pas être sourd aux revendications de la rue, bien au contraire. Je constate d'ailleurs qu'il y a rarement eu autant de dialogue avec les syndicats qu'en ce moment, ce qui est indispensable pour trouver les bonnes solutions pour tous.

Au final, regrettez-vous parfois d'avoir rejoint la majorité présidentielle?
Qui n'a jamais eu de doutes? Le jour où je ne douterai plus, je commencerai à m'inquiéter sérieusement. Mais je ne regrette rien, et ce n'est surtout pas le Parti socialiste tel qu'il est aujourd'hui qui va me faire regretter... Non, franchement, j'éprouve une certaine fierté à faire partie de ce gouvernement réformateur.

Alors secrétaire d'État chargé de la Coopération et la Francophonie, Jean-Marie Bockel demandait publiquement le 15 janvier 2008 au Président, conformément aux promesses de celui-ci, d'accentuer la fin de la Françafrique. Après les élections municipales, le maire de Mulhouse était "muté" aux Anciens combattants. 


Un an après, les confidences des ministres d'ouverture Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
05-05-2008


 

LE FIGARO
 Claire Bommelaer

Les six ministres disent ne pas avoir d'états d'âme.

Un an après, où en sont les ministres d'ouverture ? Dans leur fauteuil, et heureux de l'être. Après des débuts houleux, les six ministres venus de la gauche affichent un sourire qui se veut décomplexé. «Depuis que je suis arrivé, je me targue d'être à la tête d'une diplomatie très active. Prenez le Darfour : avant juin 2007, tout le monde déplorait la situation. Mais concrètement, on faisait quoi ? J'ai réuni des associations, je suis allé sur place dans les camps de réfugiés, j'ai organisé une Conférence internationale. Et une résolution a été votée au Conseil de sécurité de l'ONU sur une proposition française», fait valoir Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères. «En dix mois, je pense avoir travaillé à concrétiser le retour de la France en Europe», affirme pour sa part Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'État aux Affaires européennes. «J'ai carte blanche pour travailler sur la banlieue et faire ce que je dois faire», se réjouit de son côté Fadela Amara, la secrétaire d'État à la Politique de la ville.

«Plus aucun d'entre nous n'a envie de partir», résume Éric Besson. À part le petit bémol induit par l'affaire de Jean-Marie Bockel seul ministre à avoir été rétrogradé lors du remaniement ministériel, pour cause de prise de position sur la Françafrique , tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. D'ailleurs, l'Élysée est formel : «L'ouverture c'est un vrai succès. Chacun a trouvé sa place, tout en gardant son originalité. Pourtant, qui aurait, au départ, misé sur un truc pareil ?», s'amuse un proche de Nicolas Sarkozy.

Les débuts de l'ouverture furent en effet chaotiques. Et parfois même violents. Lorsque Nicolas Sarkozy annonce qu'il prend cinq hommes et une femme issus de la gauche dans son gouvernement, les parlementaires UMP sont outrés, et un rien jaloux de n'avoir pas été choisis pour faire partie de l'aventure. «L'ouverture, il faudrait la faire, y compris jusqu'aux sarkozystes», grince alors Patrick Devedjian, patron de l'UMP. La gauche, en pleine déroute électorale, a du mal à se remettre de ce mauvais coup. Pour les nouveaux entrants, la tension est palpable. «Certains m'ont dit : si tu entres au gouvernement, tu t'y casseras les dents», explique aujourd'hui Martin Hirsch. Bernard Kouchner se met aux abonnés absents. «Il a disparu pendant au moins trois mois», confie un des anciens amis. «Chez les militants du PS, l'ouverture a été un coup de poignard dans le dos. Pour François Hollande, l'affaire s'est doublée d'une blessure personnelle : Jean-Pierre Jouyet était un de ses amis proches», se souvient André Vallini, député PS de l'Isère.

Prendre ses distances

 

Éric Besson, qui a fait une partie de la campagne de Ségolène Royal avant de quitter le PS avec fracas pour rallier Nicolas Sarkozy, traîne une réputation de traître. Pendant des mois, une fois nommé secrétaire d'État, il déjeunera en ville avec le seul but d'expliquer qu'il «assume» son geste. Ses anciens amis socialistes, François Hollande et François Rebsamen, lui tournent le dos. Fadela Amara crée aussi une vague «d'incompréhension» le mot est faible dans le milieu associatif. «Ceux qui ont parlé de traîtrise, je leur laisse leur connerie dans la bouche», raille-t-elle, un an après. «Je savais que je prenais un risque : se couper de sa famille politique, cela n'est jamais facile, reconnaît Jean-Marie Bockel. D'ailleurs, mon élection à la mairie de Mulhouse a été plus dure que prévu.» Fine mouche, Martin Hirsch négocie, lors de son entrée au gouvernement, un titre de «haut-commissaire» et non pas de secrétaire d'État. Une manière de prendre des distances, qu'il sent alors nécessaires, avec la discipline gouvernementale. Chacun met en avant ses raisons pour faire le grand saut à droite : Besson est «un déçu de la gauche», Bockel veut «faire entendre la voix de la social-démocratie», Amara vient «pour sauver les banlieues», Hirsch pour mettre en place le RSA. «Je ne suis pas là pour faire une ouverture politique, mais l'ouverture à une idée», dit-il, soucieux de ne pas se transformer en un gadget sarkozyste. La gauche, elle, vilipende ces «opportunistes» qui craignent des années d'opposition, ou veulent simplement éviter «une traversée du désert néfaste à leur carrière politique».

La plupart ont connu le prix de l'isolement politique. L'Élysée leur impose, la plupart du temps, leurs directeurs de cabinet, ainsi que leur entourage. Il leur faut, dès lors, prouver que leur présence est non seulement utile, mais qu'elle comporte aussi sa part de liberté. Chacun s'isole et tâche d'exister.

La loi sur l'immigration donne l'occasion à certains, dont Kouchner, Hirsch et surtout Amara, de se singulariser. Ils sont contre les tests ADN en cas de regroupement familial et le disent haut et fort. Il est loin vingt-cinq ans exactement le temps où Jean-Pierre Chevènement lançait son fameux «un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne». Amara juge «dégueulasse» qu'on instrumentalise l'immigration à des fins partisanes. Le mot fait mouche dans l'opinion et braque les électeurs de droite. Elle le revendique encore aujourd'hui. «Les gens n'attendent pas d'Amara qu'elle parle comme un énarque», dit-elle, comme si elle avait endossé son rôle. Sarkozy passe l'éponge : «On a pris des gens différents pour qu'ils fassent différemment», explique-t-on dans son entourage.

«L'essentiel, c'est de ne pas être seul»

 

Mais ce n'est parce que ces six-là incarnent un symbole pour Sarkozy qu'ils veulent faire partie d'un groupe identifié. On les dit ministres d'ouverture, ils se veulent ministres tout court. Ou mieux, ministres de Sarkozy. Pas question de former une force au sein du gouvernement, comme ont pu le faire les femmes. Le poids d'une certaine culpabilité d'avoir quitté sa famille politique d'origine, les parcours et les personnalités des uns et des autres font qu'il n'y a pas «les» ministres d'ouverture, mais six personnalités en quête d'existence. Kouchner et Bockel ne s'entendent pas très bien. Besson et Bockel non plus. On serait tenté de rapprocher Amara et Hirsch, deux sociaux, issus du monde associatif, venus pour faire avancer une «cause» bien précise. «Non, moi, je me sens proche de Jouyet. Ou de tous les ministres qui veulent travailler sur le RSA», tranche Hirsch. «Notre parcours est individuel. Pour reprendre une devise européenne, on peut dire que nous sommes unis dans la diversité», lance Jouyet. «Il n'y a pas de réunion entre nous car certains ne le veulent pas. Mais l'essentiel, c'est de ne pas être seul, de savoir qu'on est plusieurs», analyse enfin Bockel.

Un an après, personne au gouvernement ne se risquerait plus à traiter ces ministres de recrues alibis. Les autres, au départ irrités par leur liberté de ton, ont fini par s'y faire. «Bernard Kouchner est un peu agaçant, mais il est loyal envers le président. Dans le fond, on l'aime bien», lance Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration. «Martin Hirsch est intelligent. C'est un type bien», avance de son côté Christine Albanel, la ministre de la Culture. «Jean-Marie Bockel est mieux au gouvernement qu'au PS, où c'était un outsider», juge de son côté Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'homme.

La question de savoir ce que leur passé de gauche apporte au gouvernement reste posée. «Sarkozy attend de nous une façon d'agir et de voir qui représente cette France qui n'a pas voté pour lui», explique Kouchner, sans donner vraiment les clés de cette façon d'agir. «Certains apportent une vision de la politique moins sectaire qu'un profil classique, d'autres leur expérience associative, d'autres, encore, leur personnalité», résume-t-on à Matignon. Dans les sondages, les électeurs de gauche ne sont plus du côté de Sarkozy : les ministres d'ouverture n'auront pas réussi à rallier ceux qui ne sont plus socialistes, mais pas encore à droite. «Les temps ne sont pas faciles pour l'ouverture politique et la réforme : on l'a vu avec les municipales. Mais je continue à y croire», dit Bockel.

Le président de la République caresse l'espoir de transformer l'essai politique. «Il faut vous fédérer», a-t-il dit à Éric Besson, qui a créé un club politique Les Progressistes, et à Jean-Marie Bockel, à la tête de Gauche moderne. Pour l'instant, ce n'est pas d'actualité. Ni l'un ni l'autre n'a visiblement envie de se faire avaler par l'autre. Aucun des deux n'a réussi à rallier un autre ministre d'ouverture. Jouyet dit «vouloir garder son indépendance», Hirsch ne pas «vouloir se laisser embrigader». Voilà pour la politique pure. Y a-t-il une vie après l'ouverture ? «Si on pense à cela, on ne fait plus rien», balaie Hirsch.



Le comité de liaison de la majorité présidentielle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
09-04-2008

Sarkozy remet ses troupes
en ordre de bataille

 
LE FIGARO
Judith Waintraub

L'affaire Kosciusko-Morizet a troublé la réorganisation de l'UMP.

La journée devait être dédiée au «rassemblement». Rassemblement de la majorité, hier matin, avec l'instauration par Nicolas Sarkozy d'un «comité de liaison» entre l'UMP et ses alliés. Rassemblement de l'UMP elle-même, hier soir, lors du bureau politique qui devait entériner les promotions de Xavier Bertrand et de Nathalie Kosciusko-Morizet à la tête d'une direction «renforcée». Mais l'«affaire» NKM a quelque peu perturbé le déroulement des opérations. Elle a éclaté à l'Élysée quand Jean-Louis Borloo, convoqué par le président avec les autres dirigeants de la majorité, a découvert la dépêche relatant les déclarations du secrétaire d'État chargé de l'Écologie au Monde. Nicolas Sarkozy l'a calmé en lui disant qu'ils en parleraient à l'issue de la réunion en cercle restreint, avec François Fillon.

Le chef de l'État ne voulait pas gâcher la mise en place du comité de liaison. «Il était d'excellente humeur, assure un participant. Il a même commencé en nous remerciant d'avoir accepté son invitation et celle du premier ministre, une formule exceptionnelle dans sa bouche ! Et il a laissé François Fillon s'exprimer juste après lui».

Nouveaux convertis

 

Nicolas Sarkozy avait de bonnes raisons d'être content. Il travaillait depuis des mois à persuader le trésorier du MoDem Michel Mercier de rejoindre la majorité. Quand il a affirmé devant lui, hier, que François Bayrou était désormais «dans l'opposition», le sénateur du Rhône s'est contenté de sourire. Jean-Marie Cavada, l'autre ex-bayrouiste présent, n'a pas bronché.

Outre ces nouveaux convertis, le comité rassemble les responsables de l'UMP, du Nouveau Centre, du Parti radical, du Forum des républicains sociaux de Christine Boutin, de la Gauche moderne de Jean-Marie Bockel, des Progressistes d'Éric Besson. Tous se sont déclarés ravis de l'initiative présidentielle. Christine Boutin s'est crue revenue «au temps de la campagne», quand le candidat «organisait le rassemblement autour de lui». Elle s'est estimée «maltraitée» par l'UMP lors des municipales. Elle compte bien profiter du «retour de Nicolas Sarkozy aux manettes» pour «changer de braquet» et faire du FRS, dont elle rappelle qu'il est «l'un des partis fondateurs de l'UMP», «un partenaire respecté pour sa singularité, qui lui permet de rallier des électeurs de sensibilité sociale à la majorité».

Concrètement, le comité se réunira tous les mois à l'Élysée. Le prochain rendez-vous devrait avoir lieu dans trois semaines. D'ici là, des groupes de travail auront été mis en place. Le premier concernera les européennes de 2009, le second le bipartisme et ses conséquences sur les modes de scrutin, en particulier aux régionales. Le but affiché de cette instance est d'aller vers la généralisation des listes d'union. Les chefs de parti présents hier approuvent tous cet objectif, mais il n'est pas sûr que les troupes du Nouveau Centre acceptent aussi facilement de renoncer à leurs velléités d'indépendance.

L'ex-socialiste Jean-Marie Bockel a souhaité la création d'un troisième groupe, sur «l'avenir de l'ouverture». Proposition acceptée. Entre deux réunions mensuelles à l'Élysée, François Fillon pourrait recevoir régulièrement à Matignon les groupes de travail, qu'il voudrait animer.

La réunion terminée, les dirigeants de l'UMP se sont attelés à la préparation du bureau politique. Le risque était grand que François Fillon, soutenu par une majorité de députés, s'oppose à la nomination de Nathalie Kosciusco-Morizet au poste de secrétaire général adjoint. Nicolas Sarkozy est intervenu pour ramener la paix. De son côté, Patrick Devedjian s'est «employé à calmer les animosités». NKM a accepté de réitérer ses excuses devant le bureau politique. François Fillon, qui le présidait, les a acceptées. «L'incident est clos», a-t-il affirmé en quittant la rue La Boétie. La nomination des deux nouveaux secrétaires généraux adjoints a été ratifiée. Un démarrage en fanfare pour la nouvelle direction de l'UMP.

 


Jean-Marie BOCKEL sur RTL Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
27-02-2008

http://www.dailymotion.com/video/x4iud3_jeanmarie-bockel-invite-de-rtl-27-f_news
 



Des dirigeants africains rejettent les propos de M. Bockel Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean François Pascal   
20-01-2008

LE MONDE | 19.01.08


a charge de Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat français à la coopération, contre le "gaspillage des fonds publics" par certains régimes africains et le retard mis par Nicolas Sarkozy à concrétiser sa promesse d'une rupture avec les turpitudes de la "Françafrique" a suscité la colère dans plusieurs palais du continent noir.

Le Monde daté mercredi 16 janvier, puis lors de ses voeux à la presse. "La rupture tarde à venir, avait-il déclaré dans notre édition. Il y a encore trop de rentes de situation, trop d'intermédiaires sans utilité claire, trop de réseaux parallèles pour permettre un partenariat assaini, décomplexé, d'égal à égal. La "Françafrique" est moribonde. Je veux signer son acte de décès."


Les présidents Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou N'Guesso (Congo) et Omar Bongo (Gabon) ont appelé l'Elysée pour protester contre les propos tenus par M. Bockel dans

La réaction la plus vive est venue du Gabon, dont le président, Omar Bongo, a jugé "inacceptables" les propos du secrétaire d'Etat français. Vendredi, dans un communiqué, le gouvernement gabonais a exprimé sa "surprise" à l'égard "des clichés méprisants faisant des Etats africains de vulgaires mendiants sollicitant sans fin l'aumône de la France".

"Cette attitude (est) d'autant plus inacceptable quand on sait les avantages que tirent la France et les autres Etats occidentaux de leurs rapports économiques depuis toujours, avantages mutuels par ailleurs", note un communiqué du conseil des ministres, présidé par M. Bongo. Celui-ci, au pouvoir depuis quarante ans, a été cité dans le scandale pétrolier Elf, mais aussi dans le règlement de plusieurs crises africaines. Il est l'un des derniers symboles des relations franco-africaines postcoloniales. Le Gabon menace de se tourner vers "des partenaires plus respectueux de la dignité de ses peuples et de la souveraineté" des Etats africains.

Vendredi après-midi, M. Sarkozy a paru soutenir son secrétaire d'Etat en déclarant : "L'Afrique a changé, et la relation de la France avec l'Afrique doit aussi changer." Le président français souhaite "une action plus proche de la société civile" et "attend de nos ambassadeurs des propositions précises à cet égard", chargeant M. Bockel d'en dresser "la synthèse".


Philippe Bernard
Article paru dans l'édition du 20.01.08