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| Intervention de B. MAUROY |
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| Écrit par Administrateur | |
| 02-07-2008 | |
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DE L’EDUCATION A L’EMPLOI par Brigitte MAUROY
DE L’EDUCATION
A L’EMPLOI
Brigitte
MAUROY
Mon
intervention s'inspire d'une actualité récente, puisqu'il s'agit d’une
réflexion autour des épreuves inaugurales du baccalauréat, dont le sujet de
philosophie était : Y a-t-il d’autres moyens que
la démonstration pour établir une vérité ? (série S)...Je vais essayer de vous
démontrer précisément la réponse à cette question.
LE
PROBLÈME. A cette occasion, nous avons réentendu que sur les 615 000 candidats,
plus de 80 % seraient reçus. Nous savons que plus de 50 % d'entre eux seront
mis en situation d'échec à l'issue de leur enseignement supérieur. Il en est
ainsi dans toutes les facultés de France, toutes disciplines confondues.
N.Sarkozy
est devenu le chef d'une droite qui veut
réformer dans un sens social-libéral;
c'est pourquoi la GM se dit un « partenaire libre et loyal de la
majorité ». Il a donc proposé un début d'autonomisation partielle de
l'enseignement supérieur. Cette réforme doit être complétée et affinée. En
effet, à l'analyse de l'évolution historique des pays voisins du nôtre, ou
extra-européens, on s'aperçoit que la richesse sociale, industrielle,
financière, qui est étroitement corrélée à la qualité de l'éducation, se
construit aujourd'hui pour dans 10 ans.
Ce
n’est pas généreux de mettre en situation d’échec plusieurs centaines de
milliers de jeunes, faute d’avoir réfléchi aux débouchés possibles : c’est
démagogique !
L'ANALYSE
EUROPÉENNE
Plusieurs
pays d'Europe du Nord se sont engagés, apparemment avec succès, dans une
réforme de leur enseignement supérieur. Dans ces pays, une part de 20 % du
budget n'est alloué à chaque Université qu'en fonction de ses résultats. Les
objectifs sont de : développer la qualité de l'enseignement, le rendre
accessible aux différentes classes sociales, engager une réforme
institutionnelle et structurelle et accroître les débouchés. Ces réformes vont
également dans le sens d'une utile autonomisation des Universités.
NOS
PROPOSITIONS
La
réforme de l'éducation est un des enjeux de notre société et un des enjeux de
l'Europe. En effet, l'Europe est le seul continent où l'éducation de base est
gratuite et un des seuls à promouvoir l'égalité H/F.
Notre
modèle éducatif est obsolète: parce que le modèle du collège unique est un
échec et que le déficit de notre enseignement supérieur est patent : 25 % de la
population active achève un cursus d'études supérieures (contre 40 % aux
Etats-Unis). Notre retard en matière de recherche et de développement ne peut
se combler que par la création de pôles d'excellence universitaires.
Plusieurs
mesures doivent être défendues :
La
réforme profonde du système éducatif et d'enseignement est indispensable de
façon à :
-
moderniser un enseignement obsolète pour en faire un outil
pédagogique adapté au XXIème siècle et à l'informatique,
-
recenser aujourd'hui les besoins de demain dans les
différentes filières , pour les fournir correctement,
-
développer, en fonction des besoins réellement anticipés,
les filières techniques et professionnelles
-
réduire les crispations sociales en orientant de façon
adaptée les lycéens vers une filière susceptible de les accueillir et de les
former,
-
de cette façon, le personnel proposé au sortir de la
formation est qualifié
-
les jeunes au sortir de leur formation trouvent un emploi,
-
l'amélioration de la qualification dope la compétitivité,
-
ce qui améliore la productivité et facilite la cohésion
sociale.
Alors,
il sera possible de rendre efficace les mesures visant à limiter le
chômage et à améliorer la cohésion
sociale, c'est à dire que l'on pourra enfin aider vraiment ceux qui en ont
besoin.
Notre
politique se veut réformatrice, modérée et équilibrée, permettant à l'action
publique d'échapper à tous les conservatismes. La conclusion un peu lapidaire
pour aujourd’hui, mais que je souhaite redévelopper ultérieurement est que la
générosité est socialiste, mais que le parti socialiste aujourd’hui s’est
écarté de l’intérêt général et se sclérose autour de la promotion personnelle
de ses leaders, qui cultivent la rhétorique de l’opposition systématique sans
proposer de réformes de fond, pourtant indispensables…
Je
vous le dis : la générosité socialiste, c’est nous, la gauche c’est nous,
le vrai parti socialiste, c’est nous, et nous avons l’ambition de le faire
vivre et s’exprimer. |
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