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Discours de Jean-Marie BOCKEL, Président de La Gauche Moderne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Administrateur   
07-07-2008
Extraits du discours prononcé par Jean-Marie Bockel le 29 juin 2008 lors des Premières Rencontres Nationales La Gauche Moderne

 

 

·       Remerciements

·       Introduction :

A. Ensemble au cours de cette première Journée nationale, nous établissons les fondements de notre parti, la Gauche moderne. Nous allons dire qui nous sommes, ce que nous voulons et ce que nous allons faire. J’ai vu que vous avez déjà beaucoup travaillé ce matin, et qu’un riche travail en commissions sur les sujets les plus variés vous attend cet après-midi. Je sais la qualité de votre travail et je sais que nombre de textes préparatoires ont été élaborés dans le cadre de la préparation du travail des commissions, cet après- midi et bien sûr, au delà.

1.     J’entends dire : « Un parti de plus, mais pourquoi faire ? Un club ne suffit-il pas pour développer des idées ? » « Faire un parti c’est un engagement sérieux, il faut exprimer ce qui justifie un tel choix… » « Au fond vous voulez quoi ? »

2.     Je vais vous le dire : il n’y a pas en France de vrai Parti social-démocrate ou travailliste, comme il y en a dans le reste de l’Europe. Qu’aurait fait Tony Blair s’il avait été français ? Reçu à Paris, il y a un an , il a dit, sous forme de plaisanterie, qu’il aurait été ministre de Nicolas Sarkozy ! Et les dirigeants du SPD allemand, en France, seraient ils dans un gouvernement de coalition pour réformer, ou bien, sans voix, dehors à se disputer ? Et les espagnols, les portugais, les suédois, je ne vais pas faire la liste. Chacun l’a compris, ces partis sociaux-démocrates et travaillistes qui sont dans l’action, dans la modernité, ils n’ont pas leur équivalent en France.

3.     Pourtant la France a besoin des réformes justes que ces partis ont impulsé et réalisés, seuls ou au sein de coalitions dans leurs pays respectifs.

4.     Il est temps que cela change, il est temps que la France ait, elle aussi, un vrai parti social-libéral Un parti qui ne passera pas les vingt prochaines années à s’interroger ou a se déchirer sur la question de savoir jusqu’à quel point il accepte ou pas l’économie de marché. Mais qui regardera en face les réalités. Ce parti, que la France n’a pas encore, c’est nous !

5.     Ensemble nous allons le construire en prenant la mesure de l’état du monde, qui nous interdit de continuer de nourrir les ambiguïtés qui ont coûté si cher à la gauche française.

6.     On ne peut plus attendre, et d’ailleurs nous sommes ici pour aller de l’avant. Maintenant. Parce que si nous ne bougeons pas le monde bougera sans nous !

B.    Car le monde a changé. Sous nos yeux, depuis cette époque, le monde a été bouleversé.

1.     Et dans les vingt dernières années, ce changement s’est accéléré :

2.     avec la disparition des blocs, par l’apparition de nouveaux acteurs stratégiques majeurs, la Chine, l’Inde, le Brésil, qui demain compteront plus qu’aujourd’hui encore.

3.     Mais aussi tout près de nous par la révolution des sciences et des techniques, toujours plus rapide, provoquant toujours plus d’incertitudes à mesure qu’en répondant aux rêves les plus anciens des hommes elle fait ressurgir leurs craintes les plus anciennes aussi, et exacerbe la distance entre ceux qui bénéficient pleinement du progrès et ceux qui en sont écartés ou en souffrent.

4.     Dans ces temps nouveaux une chose est certaine : le monde va changer plus encore et le rythme des changements va s’accélérer. Dans une époque comme celle que nous allons vivre, la responsabilité des politiques - des hommes et des femmes qui ont choisi de s’engager pour leur pays, pour leur continent, pour l’humanité, dans cette exaltante aventure qu’est la construction de la société que nous laisserons à nos enfants – cette responsabilité est grande. Quelle que soit leur place, militants, sympathisants, responsables, ministres, ils ont, ensemble, entre leurs mains, un avenir qui n’est pas écrit d’avance.

C.   Un responsable qui veut affronter les yeux ouverts cet avenir a trois missions, trois devoirs, Comprendre, Rassembler, Agir :

 



I°/ Comprendre

 

(Comprendre le monde dans lequel on est et nous la Gauche moderne qui nous sommes)


 

·       A/ Il faut comprendre que La France est aujourd’hui menacée de rester sur le bord du chemin par ces bouleversements de l’Histoire.

a.      Comprendre le monde cela demande de réfléchir librement et sans tabous, sans caresser l’espérance illusoire et délétère que demain sera comme hier comme on l’a trop fait depuis 30 ans Car c’est avec de telles promesses, de tels refus de voir la réalité sous son vrai jour que tant de nos gouvernements passés, et, - je dois le dire - beaucoup de gouvernements socialistes, ont renoncé à penser les difficultés, à penser les solutions, à penser les réformes nécessaires.

b.     Rien n’est simple, dans la complexité du monde d’aujourd’hui, tout demande à être soumis à l’examen de la raison pour dégager des perspectives et éviter les pièges.

§        Celui de l’immobilisme et de la paresse intellectuelle est celui dans lequel s’est complu le parti socialiste, et la politique française dans son ensemble depuis trop longtemps, mais il en est d’autres…

§        Derrière la perspective enthousiasmante de la mondialisation, se profile la nécessité de comprendre les nouveaux dangers, les nouveaux risques..

c.     Renoncer à changer c’est laisser se développer les dangers : parmi eux je ne citerai que trois cas de pénurie et de répartition inégale, qui, si nous ne trouvons pas de réponses satisfaisantes à l’horizon des années qui viennent, deviendront de terribles facteurs de guerre :

·        l’eau, vitale pour les hommes ;

·        l’énergie, vitale pour le développement ;

·        et la nourriture : Prenons ce dernier exemple : Les émeutes de la faim qui ensanglantent les régions les plus pauvres, - notamment en Afrique - qui ne voit qu’elles sont largement dues à l’adoption de solutions non abouties, propulsées par de faux prophètes, qui au nom de la mode « bio » ont encouragé à faire brûler dans les moteurs des voitures et des camions des produits alimentaires. Les cours se sont ainsi trouvés indexés sur celui du pétrole, les jetant dans la spéculation. La nourriture est devenue inaccessibles aux peuples de ces régions, et -vous l’avez vu aussi - beaucoup plus chère chez nous.

d.     Comme vous le sentez, les plus formidables défis sont devant nous, pas derrière nous…

e.      Mais la France a de formidables opportunités :

·        le haut niveau de qualification de ses travailleurs,

·       la grande qualité de ses savants,

·       sa capacité de cohésion sociale et d’absorption d’apports culturels extérieurs, qui peuvent lui donner un avantage incontestable dans la mondialisation.

f.        Si nous savons penser les réformes justes et adaptées à notre époque.

g.     Si nous savons profiter pleinement de la chance qu’est l’Union européenne, qui reste si largement à construire pour faire face aux défis de l‘avenir. Mais qui seule nous donne la dimension pour leur faire convenablement face.

 

Pour penser cet avenir nous devons - c’est indispensable - savoir quel est notre point de départ, savoir qui nous sommes, faute de quoi, aucune liberté de conception et de réflexion n’existe.

Là où règne l’obscurantisme idéologique et le refus d’être soi même rien de concret ne peut s’élaborer

 

-B/ Qui sommes nous ?

a.    Nous sommes de gauche ! La gauche héritière du combat contre les tyrans autour de l’idée du libéralisme politique. Depuis le combat des lumières au 18° siècle, jusqu’au combat contre les totalitarismes qui ensanglantèrent le 20° siècle : fascisme, nazisme, stalinisme, dictatures… C’est bien cette idée du libéralisme politique qui est au cœur de la gauche ;

b.    Nous sommes de gauche ! La gauche héritière de la Révolution française qui avait choisi la voie du libéralisme économique pour conforter la démocratie. Cette gauche qui a compris qu’aucune des économies administrées et dirigées du siècle passé ne produirait jamais ni prospérité ni démocratie. Car on ne connaît pas de sociétés démocratiques qui n’aient été durablement libérales économiquement.

c.     Cette gauche qui sait que dans le monde d’aujourd’hui - pendant que nous parlons librement ici - la majorité de l’humanité est encore enserrée dans les griffes de systèmes autoritaires. Le libéralisme politique c’est le système dont rêvent des milliards d’êtres humains, et nous, nous ne voudrions pas combattre sous son drapeau comme le font tous les grands partis socialistes d’Europe ?

d.    Je le dis à Bertrand, François, Ségolène ou Martine : Tony Blair a changé la Grande-Bretagne vous n’avez rien voulu voir, Jose-Luis Zapatero a changé l’Espagne, vous n’avez rien vu, le SPD a lancé de profondes réformes qui ont transformé l’Allemagne mais vous regardiez ailleurs. Toute la gauche européenne a choisi le social-libéralisme et la réforme, et vous êtes toujours engoncés dans des débats d’hier. Vous n’irez nulle part comme ça, et vous perdrez ceux qui voudront vous suivre.

e.     Alors c’est bien de commencer à parler de social-libéralisme. Et puis fidèles à vous-mêmes, dès que l’un fait un pas en avant les autres font trois pas en arrière : Que de cris poussés pour les quelques mots bien anodins et bien timorés de Bertrand Delanoe ! Tellement timorés, qu’il a déjà dû reculer !.

f.      Le libéralisme c’est la rencontre de la liberté avec l’histoire. Oui, nous sommes dans ce mouvement là… Il fait partie de la nature de la gauche, même si il ne résume pas la gauche.

g.    L’exception française, c’est que si la gauche se sent intégralement héritière de 1789, qui ne voit que l’écrasante majorité de ceux qui se reconnaissent dans le centre ou la droite s’en ressentent tout aussi héritiers, et que nul ne saurait leur dénier cette qualité. C’est cette exception, cette chance française, qui fonde une possibilité solide d’ancrer un projet largement majoritaire : la Réforme Juste :

h.     Dès maintenant cette politique doit se déployer en urgence pour :

·        Assurer et renforcer la Cohésion sociale

·        Réussir la Réforme de l’Etat

·        Assurer la Libération de l’énergie créatrice de tous les entrepreneurs ;

·        Renforcer et approfondir la construction européenne… Je reviendrai tout à l’heure sur ces sujets.


 


II°/ Rassembler

 

(Comment construire notre parti)


 

a.     Mais les idées ne valent que si elles sont partagées. Nos idées ne peuvent forger le monde de demain que si elles disposent d’outils pour se propager pour les porter, pour se matérialiser. Le rôle que je m’assigne aujourd’hui, avec vous, en tant que responsable politique, c’est de Rassembler autour de ces idées.

b.    Il nous faut de la force pour renverser les routines, les certitudes, les tabous, les conservatismes, les égoïsmes qui sont autant de fils qui tel Gulliver ligotent la France d’aujourd’hui.

c.     Le refus de penser une politique moderne conduit le Parti socialiste à être incapable de faire la moindre politique. Nous le voyons se donner en spectacle, montrant une image qui se réduit au déchirement des égoïsmes personnels des dirigeants. La gauche ce n’est pas cela. La gauche c’est l’action. Parce que la politique c’est la force de la volonté.

d.    Les idées ne valent que si elles sont incarnées, portées au plus haut par ceux qui ont fait ce choix courageux qui est le nôtre. Rassembler ceux-là en un Parti politique dynamique et ouvert, c’est mon ambition.

e.     Cette volonté je l’ai, c’est le fruit de ma réflexion mais c’est aussi le fruit de mon expérience récente.

f.      Cette Gauche moderne nous allons la constituer, Ensemble, au cours de notre Congrès fondateur les 29 et 30 novembre à Saint-Denis,

g.     je voudrais tracer devant vous ses perspectives d’organisation :

·       La Gauche moderne représente déjà plusieurs centaines d'adhérents qui, de tous les horizons du pays, ont constitué leurs fédérations dans de très nombreux départements. Notamment au travers de réunions publiques de lancement, comme à Pau la semaine dernière où nous étions près de 150 avec mon ami Yves Urieta. Parmi tous ceux qui nous ont rejoint ces derniers mois, nombreux sont ceux qui ont été récemment élus sous les couleurs de la Gauche moderne aux élections municipales:

o      110 conseillers municipaux participent à des listes majoritaires dans 70 communes;

o      une trentaine d'entre eux sont adjoints au maire;

o     une trentaine encore sont conseillers municipaux délégués;

o      auxquels il faut ajouter une cinquantaine de conseillers municipaux d'opposition.

·       La Gauche moderne a choisi la rupture avec les vieux modes d’organisation.. Elle a choisi de placer l’Internet au cœur de son système militant. Il ne sert à rien de permettre d’adhérer par Internet, si c’est à un parti vieillot, dont tous les cyber-adhérents auront fui au bout de six mois, comme nous l’avons vu faire l’an dernier en France. : Ce qu’il faut c’est faire un parti aussi moderne, aussi pragmatique, aussi efficace que ses idées. La Gauche moderne dispose d’organes d’information et de fonctionnement intégrant pleinement la révolution des technologies de la communication

o     un site Internet en prise permanente avec l’actualité ;

o     une lettre d’information bimensuelle distribuée par mèl, la Newsletter de la Gauche moderne ;

o     des blogs aussi, qui permettent une réaction immédiate et dynamique aux débats et à l’actualité, comme l’expression directe de nos militants, de nos sympathisants, de ceux qui s’intéressent à un titre ou à un autre à nos activités ;

o     des commissions coordonnées par des groupes de travails interactifs, qui associent en temps réel via l’Internet tous nos membres et nos responsables, de métropole et d’outre-mer, qui peuvent ainsi travailler efficacement sans tomber dans la réunionite. Il abordent toutes les grandes questions de l’heure, sans tabou, dans un esprit d ‘élaboration d’une perspective précise dans tous les domaines de la vie sociale, éducation économie, sureté, développement, défense, Europe, etc ;

o     nous avons mis sur pied un système de téléconférences pour coordonner les activités au plus près de l’action, qui est notre raison d’être.

·       Le Parti disposera début septembre d’un texte d’orientation qui sera soumis au débat de toutes nos fédérations pour préparer notre congrès fondateur.

·       D’ores et déjà nous nous sommes fixé un grand rendez-vous à Mulhouse le 20 et 21 septembre. Nous y débattrons de la politique sociale et son lien avec la politique économique.

h.     Le sens d’un parti c’est d’agir. Agir fort, ici et maintenant et c’est la troisième mission qu’avec vous, je me suis assigné.

 


III°/ Agir

 

(Quelles seront nos propositions)


 

a.     La politique n’a pas de sens si finalement elle doit critiquer sans proposer.

b.    Etre de gauche c’est savoir s’opposer à des intérêts, même puissants, des privilèges, des avantages, même anciens, lorsque c’est nécessaire, pour ne pas laisser passer le moment de faire les réformes dont le pays a besoin. C’est aussi de proposer dans la mise en œuvre de ces réformes la répartition équilibrée des efforts qui en fera des reformes justes.

c.     Agir c’est être là où se fait l’Histoire, là où se construit la France de demain, pas être sur le nuage de nos souhaits et de nos rêves ! Agir, aujourd’hui, en France, c’est être, avec Nicolas Sarkozy, dans la majorité présidentielle, au gouvernement,  pour la réforme juste,!

d.    Mettre en œuvre, rapidement, et avec pragmatisme, les réponses nécessaires :

·        Pour ce qui concerne la Cohésion sociale, que notre pays a besoin de retrouver ou de conforter, je voudrais vous dire que c’est tout l’enjeu des réformes en cours. Et que sur ce sujet, notre sensibilité de gauche est bien à sa place dans la majorité présidentielle. Nous savons que les réformes ne sont bien acceptées dans une société que si elles sont justes, ou ressenties comme telles. C'est le cas pour beaucoup de l’immense travail gouvernemental et les Français, au fond,  les soutiennent. Pourtant nous voyons qu’il existe dans l'opinion un sentiment que les « riches » sont proportionnellement moins mis à contribution que les autres, et que l'essentiel des efforts reposent sur les classes moyennes voire sur les plus défavorisés. Ce sentiment est pour une large part exagéré. Mais il existe, et n'est pas toujours infondé. Il m'apparaît donc nécessaire et urgent que soit prises des mesures qui mettent davantage à contribution les plus aisés : deux pistes pour cela: s'attaquer aux niches fiscales et notamment à leur plafonnement, en allant beaucoup plus loin que ne l'a encore envisagé le gouvernement; taxer les stock options est par exemple un geste de nature à montrer la recherche d’équilibre dans la Réforme qui est ne nature à renforcer la cohésion de la société.

·        D’autre part, toujours en matière de cohésion sociale, il faut ouvrir des perspectives simples clairement compréhensibles pour les salariés dont les métiers ou les entreprises peuvent, un jour ou l’autre, être en danger. Dans ce but j’ai déjà proposé de doter chaque français d'un compte mobilité, qui garantisse les moyens de faire face à ses besoins qu'il s'agisse de compléter sa formation, de quitter un secteur sinistré avant d'être licencié ou d'accompagner un projet personnel. Cette idée simple et réalisable me semble mériter d’être mise en ouvre. Ce compte qui appartiendrait au citoyen, le suivrait quelle que soit sa situation ou son entreprise. Il serait abondé à la fois par l'Europe, pour les secteurs touchés par la mondialisation ; par l'Etat, pour ceux qui ont quitté le système scolaire de façon anticipée; par l'entreprise, pour ceux qui ont été confinés dans des spécialisations sans issue; et par le salarié qui souhaite préparer un projet de mobilité. Ce dispositif s’harmonise avec l’incitation à la reprise d’activité que sera la réforme des minima sociaux et la possibilité de les cumuler avec les revenus d’un emploi, dans le cadre du revenu solidaire d’activité pour lequel je me bats depuis longtemps et que le gouvernement a mis à son programme ;

·        La reforme, sur le terrain économique, est indissociable de celle qui peut être menée sur le terrain social. Si nous voulons des avancées sociales significatives, il faut les financer. Comment les réaliser sans introduire de la respiration, du jeu, de la flexibilité dans notre système économique. Il ne s’agit pas de choix idéologiques, mais de réalité pratique, il faut libérer la société françaises de ses lourdeurs sur le plan économique, faute de quoi rien ne permettra de dégager les marges nécessaires au progrès social.

·        Il faut encore faire énormément de choses pour enfin Libérer l’énergie créatrice de tous les entrepreneurs. Je pense surtout aux milliers de PMI et PME, qui sont, dans notre pays, le berceau de l'innovation et de l'emploi, pour permettre de créer plus de richesses si nous voulons être en mesure de les partager mieux. Il faut aussi, dans cet esprit, trouver les moyens, les mesures qui pourront permettre d'associer mieux chacun, salarié et employeur aux bons résultats de l'entreprise commune. Je ferai prochainement sur ce sujet des propositions précises et efficaces, dans le but de permettre aux entrepreneurs d’aller vers le succès en mettant toute l'entreprise dans le coup. C'est ainsi que la France se défendra dans la mondialisation;

·        Pour ce qui est de la Réforme de l’état, chacun voit qu'il est trop lourd dans son fonctionnement, trop lent à produire des résultats, et trop cher, pour nos moyens budgétaires. Dans le même temps il apparaît incapable d’accomplir correctement les missions qui sont les siennes, et que les citoyens sont en droit d'attendre de lui. Il faut, par exemple, évaluer, avec la perspective que donne le temps, les réformes réalisées depuis la décentralisation, qui a changé le paysage de l'Administration française. Examiner dans les procédures mises en place, celles qui sont pertinentes et celles qui mériteraient d'être simplifiées, ou précisées. Il n'est pas bon pour la clarté et l'efficacité que cinq ou six organismes, les uns au dessus des autres - commune, communauté de communes, syndicats intercommunaux, pays, département, région, état - s'occupent concomitamment des mêmes choses comme cela arrive parfois. Les français ont du mal à comprendre qui est vraiment le responsable, ce qui leur saute aux yeux, c'est que tous utilisent pour réaliser les opérations dont parfois chaque entité se vante, le même argent : celui de leurs impôts. 

·        La modernisation de la constitution, est aussi un moment important de la Réforme. Chacun sait combien les mesures qu’elle contient, tant en termes de revalorisation du rôle du parlement qu’en matière de rapprochement des citoyens de la décision politique, constituent de véritables avancées attendues depuis si longtemps par nos concitoyens. Sur ce sujet, où sont, où seront les socialistes au moment du vote ? Je le demande à François Hollande et à Jean-Marc Ayrault : les socialistes seront-ils libres de voter ce texte selon leur conscience ? Alors que ce sont les électeurs et les sympathisants de la gauche qui depuis tant d’années ont exprimé le plus clairement leur souhait de ces réformes, ne serait-il pas paradoxal de voir les dirigeants des partis de gauche faire échouer, lors du Congrès, par un vote négatif, toutes ces avancées ? Certes, le projet gouvernemental ne reprend pas l’intégralité des propositions de la gauche, mais si les électeurs avaient souhaité cela, ce sont les partis de gauche qu’ils auraient porté à la direction des affaires de notre pays.

·        Il y a près de 40 ans lorsque Charles De Gaulle a proposé une grande réforme du Sénat, la gauche n’a voulu voir que sa position d’opposition et a refusé cette occasion. Depuis elle ne cesse de crier l’urgence de la réforme du Sénat. Va-t-on revoir les mêmes erreurs ? Devra-t-on attendre 40 ans encore la modernisation de nos institutions ? Tous ensemble, il faut attraper le train de la réforme constitutionnelle dont la démocratie française a besoin.

·        Le renforcement et l'approfondissement de la construction européenne sont la clef de notre avenir. Aujourd'hui au temps de l'économie-monde et du village planétaire, l'Union européenne est l'instrument indispensable qui, seul, est à la taille de cette réalité. Mais il est perçu souvent comme lointain, incompréhensible dans ses décisions, inutile même aux yeux d'une partie de nos concitoyens, en France et dans les autres pays de l'Union. Comment ne pas remarquer que ce sentiment existe, même si nous pensons que ce sont bien souvent de faux procès qui sont faits, nous ne pouvons laisser perdurer cet état de fait qui n'est pas bon pour l'avenir. Comme nous le montre le non irlandais. Ce n'est pas en mettant de côté nos convictions européennes que nous passerons les caps difficiles. C'est avec plus, d'Europe mais surtout avec mieux d'Europe, que nous y parviendrons. C'est en montrant par des actes et des réalisations visibles que le pouvoir propulsif de l'idée et de la réalité de l'idée européenne n'ont rien perdu de leur force, que nous relancerons l'enthousiasme légitime que doit susciter ce projet. Ce projet, qui garantit depuis 50 ans la paix et la prospérité sur notre continent. A quelques heures de la Présidence française de l'Union, il nous incombe de faire avant l'automne des propositions concrètes, pratiques et efficaces en ce sens. Nous ne devons pas tout miser sur la mécanique institutionnelle. Il faut tout de suite réaliser, renforcer des politiques concrètes. La politique agricole commune est fondamentale pour permettre à l’Europe de jouer son rôle dans la crise des prix que connaît le marché mondial des produits alimentaires. La politique industrielle est vitale pour l’emploi, si nous voulons mettre fin au mouvement de délocalisation et reprendre un leadership mondial que nous pouvons, ensemble, assurer dans de nombreuses spécialités. Ce que je fais à mon niveau ministériel pour les industries de défense, l’union doit le faire au sien pour donner un coup de booster à notre commerce extérieur. Il faut agir tout de suite, de façon décidé, flexible, pragmatique, c’est ainsi qu’avancera l’Europe et pas seulement par de « grosses machines » institutionnelles, certes remarquables, et que nous soutenons tout à fait, mais que l’on met dix ans à écrire, débattre et faire adopter…

e.     Loin de la morosité, parfois entretenue par certains medias - un peu par habitude, il faut bien le dire - nous avons lieu d'être fiers de l’action du gouvernement. Bien sur il y a des difficultés, et nous ne voulons pas les masquer : mais ce sont les difficultés réelles du monde dans lequel nous sommes entrés. Lorsque les gouvernements ne réforment pas à temps ce sont les plus faibles qui paient tôt ou tard. Ce que nous voulons faire, c'est ne laisser personne sur la sur le bord du chemin de l’avenir. C'est seulement ainsi que l'on réhabilitera durablement la valeur du travail : en lui permettant de créer de vraies richesses.

f.      Je voudrais, puisque je parle avec vous un langage de vérité, être direct sur un sujet ou l'émotion a trop servi de prétexte à la lâcheté et à l’inaction. La politique de l'immigration, puisque c'est d'elle qu'il s'agit, n'a jamais été traitée que sur un mode tantôt excessif (l'immigration zéro) tantôt compassionnel (les régularisations), qui chacun leur tour ont justifié l'inaction. Alors qu'il fallait commencer par des constats raisonnables, l’arrêt total des flux migratoires n'était ni possible, ni souhaitable. L’idée «d’immigration zéro», n’a eu pour résultat que de favoriser l’immigration illégale et clandestine. Il fallait construire les règles et les dispositifs d'une immigration légale, tournée vers le travail. Il fallait élaborer de nouvelles idées et de nouvelles pratiques qui, pourraient, appliqués à la France, préfigurer les grandes orientations de la future politique que pourrait adopter l'Union européenne, pour laquelle ce problème est un vrai défi. Je proposais déjà il y a quelques années de s'engager résolument sur la voie d'une politique de sélection et de co-développement avec les pays d'origine des migrants. Il fallait définir les contours d'une politique ouverte et raisonnée de maîtrise des flux migratoires, privilégiant le principe d’une régulation à la fois responsable et généreuse, et j'avais fait nombre de propositions précises en ce sens. Tout ce travail de réflexion et de proposition existait, qu'en a-t-on fait alors ? Rien ! Des années de retard ont été prises par notre pays. Une réforme est juste non pas à partir d’a priori idéologiques. C’est à ses résultats qu’il faut la juger. L’aurions nous fait mieux si nous l’avions fait alors avec les responsables de gauche qui l’ont refusée quand ils pouvaient la faire ? Nul ne peut le dire, mais nous aurions fait notre devoir en le faisant, il y a plus de dix ans. Car, plus tôt sont faites les réformes, plus profondes elles sont, plus efficace est leur action, et plus elles constituent une garantie pour l'avenir de tous. C'est ce que fait le gouvernement auquel j'ai l'honneur de participer et auquel la gauche moderne apporte son soutien dans cet esprit. Un soutien dynamique et constructif, un soutien loyal. Et bien sur un soutien sincère.

 

 

 

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Conclusion



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