La régionalisation et « l’afghanisation » : meilleures armes pour reconstruire et bâtir durablement la réconciliation nationale
Jeudi 28 février 2010
Alors que s’est ouverte à Londres aujourd’hui une nouvelle conférence consacrée à la reconstruction en Afghanistan (après celles de Bonn en 2001, de Londres et de Berlin en 2004, de Paris en 2008) il convient de tirer les conséquences des différentes politiques menées jusqu’ici sur le terrain.
Comme l’a rappelé le Président de la République, lors de son allocution télévisée de lundi dernier, la France, tout comme ses partenaires européens, se félicite de la décision du nouveau gouvernement d’Hamid Karzaï visant à tendre la main aux talibans repentis, du moins ceux ayant décidé de déposer les armes et de participer à la reconstruction de leur pays.
Il convient ainsi de se réjouir de la perspective de l’implication plus conséquente des acteurs régionaux, notamment ceux appartenant à l’Organisation de Coopération de Shanghaï (actuellement présidé par le voisin ouzbek).
En rappelant que l’avenir pacifié de l’Afghanistan et du Pakistan étaient intimement liés, Nicolas Sarkozy, confirme la nécessité de renforcer la coopération civilo-militaire, visant à permettre la reconstruction durable des routes, des hôpitaux, des écoles et de l’administration en Afghanistan, meurtri par trois décennies de combats quasi ininterrompus….
L’objectif prioritaire visant à former l’Armée afghane, qui atteindra 134 000 hommes d’ici 2010, tout comme le calendrier de début de désengagement des troupesà l’horizon 2011demeurent, en effet, pour la France des priorités absolues.
Cette réalité stratégique réclamée de longue date ne doit pas détourner l’attention sur la difficile tâche que mènent les troupes de l’OTAN, notamment les 3000 soldats français, qui participent avec courage et détermination à la nécessaire « afghanisation » du conflit.
La réunion portant sur la situation sécuritaire au Yémen qui se tiendra aussi à Londres, le lendemain de celle consacrée à l’Afghanistan, démontre, en écho, la nécessité d’associer davantage les pays donateurs dans la lutte contre le terrorisme international afin de ne pas permettre au Djihad de s’implanter sur de nouveaux territoires.
Texte préparé par la Commission Défense de La Gauche Moderne
C’est
avec une infinie tristesse que nous avons accueilli la nouvelle du décès de
Philippe Séguin, mort à 66 ans ancien ministre et président de l’Assemblée
nationale, qui était depuis 2004 le premier président de la Cour des Comptes.
Sa
voix, son verbe sa hauteur de vue, son courage politique et personnel et sa
force de personnalité qui ont marqué l’histoire de ce pays faisaient de lui une
grande figure de la
République qui mérite d’être honorée, aux côtés des grands
hommes d’Etat qui ont forgé notre identité collective.
Mais
il fut avec une belle constance, le dépositaire de la tradition d’un gaullisme
social, celle de René Capitant qui fût chère au général de Gaulle quand ce
dernier aux lendemains de Mai 68 introduisait avec courage la notion de
participation qui lui valu l’hostilité des milieux d’affaires et des éléments
les plus conservateurs de la classe politique.
Cette
filiation historique portée par Philippe Seguin inspira son combat lors de la
campagne présidentielle de 1995, où il fit prévaloir la thématique de la
fracture sociale.
La Gauche Moderne,
aile gauche de la majorité est nécessairement comptable de cet héritage qui
constitue une contribution majeure à l’idée de République Sociale.
Elle
salue la mémoire de cet homme singulier et inclassable qui incarnait avec
hauteur et dignité une certaine idée de la République française.
La Gauche Moderne se félicite des mesures annoncées pour lutter contre la distribution de bonus excessif aux traders par les organismes financiers (au-dessus de 27 000 euros). Il est temps de donner des signes forts aux banques pour leur rappeler que les Etats les ont soutenues l’an passé, non pour redevenir des centres de spéculation mais pour financer la création de véritables richesses, seules garantes de l’avenir de notre société. Ce qu’il faut c’est aider les PME et les PMI, pas spéculer sur l’or, le pétrole ou le sucre.
Mais la France, seule, ne pouvait donner ces signes sans risquer d’affaiblir ses capacités concurrentielles de marché. En cela l’initiative commune avec le gouvernement britannique, qui a autorité sur la City, est un remarquable pas en avant.
Il faudra aller plus loin, associer tout l’Eurogroupe et toute l’Union à cette politique, à ce train de mesures qui n’est que la mise en œuvre conséquente des décisions du G20.
Aller plus loin, c’est aussi mettre en chantier une taxe, par nature minime, sur les transactions financières, outil de réorientation de l’épargne vers l’industrie, aujourd’hui véritablement aussi nécessaire, que possible.
La Gauche Moderne observe cependant qu’une campagne d’opinion s’exerce depuis quelques semaines pour infléchir l’orientation de l’exécutif, par divers moyens. Ici, certains exagèrent les perspectives et les rythmes de sortie de crise. Là, ils invoquent l’argument des déficits publics pour fragiliser l’idée de grand emprunt, qui distingue pourtant la mauvaise dette, du financement indispensable des investissements productifs. Elle y voit la manœuvre des conservateurs qui ressurgissent et qui, visent en réalité à affaiblir la stratégie mise en œuvre par le Président de la République pour réguler et refonder le capitalisme.
Au moment où l’Euro est dangereusement surévalué pour nos emplois, où la Grèce est en danger de faillite, on ne peut faire comme si rien n’avait eu lieu, et que la politique passée devait reprendre ses droits.
La France, grâce aux choix de ses dirigeants, est engagée dans une redéfinition du modèle de l’économie, plus tourné vers la création de vraies richesses que vers l’exploitation sans fin de bulles spéculatives qui éclatent régulièrement faisant des dégâts colossaux, que le monde du travail finit par payer.
La profonde inquiétude, l’émoi, le choc même, qui ont été suscités par le projet de rendre l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie optionnel au lycée pour les terminales scientifiques sont naturels.
À l’heure où on lance un débat sur l’identité nationale, faire fi du caractère fondamental d’enseignements tels que l’Histoire et la Géographie, est absurde et dangereux. Le débat sur l'identité nationale n’apparaîtrait plus que comme une péripétie électoraliste si s'opérait une telle réforme. Rendre optionnelle la connaissance du vingtième siècle est à proprement parler impensable. Les deux guerres mondiales, le Chemin des dames, la Révolution d’Octobre, la Shoah, la Libération, De Gaulle, la décolonisation, la Guerre froide, le traité de Rome, la chute du Mur, mais aussi 1958, 1968, 1981 : ce ne seraient que de simples mots, de simples dates ?
Ce serait un risque de dissoudre un peu plus la citoyenneté dans un consumérisme déjà si présent et s’empêcher de fonder la République sur l'exercice de la raison partagée.
Lundi 7 décembre 2009 Marielle Gallo, députée européenne, porte parole de La Gauche Moderne, Diane Le Beguec, enseignante du supérieur, responsable de la fédération de Paris de La Gauche Moderne
C’est
à travers un biais malsain, celui des minarets, que l’extrême droite
populiste suisse a posé la question de l’intégration de l’Islam
dans le champ public. Lui emboitant le pas, nombre de médias européens
souhaitent poser ainsi la question, cherchant plus à susciter l’émotion
que la réflexion sereine qui serait nécessaire.
La façon,
dont les électeurs suisses ont réagi, montre qu’il y a une crainte
forte dans la population suisse, qui est probablement aussi présente
en France, devant les manifestations internationales de l’islamisme
fondamentaliste. Au delà du terrorisme, la condition faite à la femme,
l’interdiction de toute autre forme de religion dans de nombreux pays
qui se réfèrent à ces dogmes entretiennent cette crainte.
L’Islam de
France, qui s’est doté d’une structure de dialogue et de représentation
qui aide à la perception de sa volonté d’intégration dans le cadre
laïque de notre république, ne ressemble en rien à ces modèles totalitaires,
pour qui la religion n’est qu’un prétexte. Son existence contribue
à affaiblir et faire reculer les courants extrémistes, dont chacun
sait qu’ils ont aussi des relais dans notre pays.
C’est
pourquoi, il est toujours préférable, plutôt qu’une mosquée clandestine
dans le sous-sol d’une cité, qui favorisera la radicalisation, la
construction d’un édifice de prière. Naturellement celui-ci devra
s’intégrer dans la tradition d’urbanisme de la ville et du quartier
ou il est construit. Les mosquées ont, par nature, leurs minarets,
ceux-ci ne doivent pas transformer le paysage qui les entoure, l’architecture
et l’urbanisme modernes savent fournir tous les moyens pour que ce
soit aisément le cas.
La Gauche Moderne,
approuve le fait que des maires de grandes villes, comme Marseille ou
Mulhouse aient choisi d’autoriser la construction de mosquées dans
leur ville, dans le respect de l’architecture et de l’environnement,
comme l’avait déjà fait Paris il y a plus de cent ans, avec un succès
qui ne se dément pas, rencontré auprès de parisiens, de toutes origines,
depuis lors.