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Les
propos démagogiques et irresponsables tenus à Grenoble le week-end
dernier par Martine Aubry, premier secrétaire du Parti Socialiste lors
du Congrès du MJS sont à la mesure du naufrage politique, intellectuel
et moral où semble s’enfoncer chaque jour davantage cette formation
politique, en proie aux querelles de personnes, à la débâcle intellectuelle
et à la désorientation politique.
Martine Aubry
– au-delà d’un véritable florilège d’attaques injurieuses visant
notamment le Président de la République – a en effet annoncé
qu’elle souhaitait que le bureau national du parti Socialiste qui
se réunira le 24 novembre s’engage dans le sens d’une régularisation
large des sans papiers.
Les exhortations
de Madame Aubry peuvent peut-être séduire une pseudo « gauche morale »
des beaux quartiers, ils ne convaincront jamais l’électorat populaire,
qui sait que l’immigration clandestine, dans un contexte de crise
globale, tire les salaires vers le bas et fragilise le droit du travail.
L’appel aux
politiques de régularisation massive avec lesquelles entend renouer
Mme Aubry est pour le moins anachronique, quand l’ensemble des gouvernements
de l’Union européenne, y compris les gouvernements socialistes y
ont renoncé. Un tel affichage provoquerait inévitablement un effet
d’appel d’air encourageant l’immigration irrégulière et faisant
la fortune des passeurs. Les résultats de cet appel au renforcement
de l’immigration clandestine seraient incompatibles avec les exigences
de cohésion sociale et nationale, de protection de l’emploi, de juste
rémunération du travail et de défense des droits sociaux.
Dans un contexte,
où il convient de privilégier comme s’y emploie le gouvernement
une politique d’intégration des migrants, et d’égal traitement
entre résidents étrangers en situation régulière et nationaux, cette
orientation conduirait sans aucun doute à exacerber les tensions au
sein de la société française et à faire le lit du populisme et de
la xénophobie.
Au moment même
où le gouvernement s’apprête à affiner les critères de régularisation
de certains salariés en situation illégale au regard du droit au séjour
et à prendre des sanctions contre les employeurs qui utilisent une
main d’œuvre composée de salariés en situation irrégulière et
profitent de leur vulnérabilité pour imposer des conditions
de travail et de rémunération indignes, le Parti Socialiste entend
renouer ainsi avec une politique démagogique, dangereuse pour les intérêts
du monde du travail.
Fidèle à
une culture de gouvernement responsable et généreuse, La Gauche Moderne
ne peut que déplorer et combattre une telle dérive et apporter son
soutien à la politique mise en œuvre par le Président de la république
et le gouvernement, seule garante de la pérennité de notre modèle
social.